LA Borderie, H. Br., II, p. 33 sq
sa protection. Les Gesta sanctorum Rotonensium, composition rédigée une dizaine d'années après la mort de Convoïon (-J- 5 janvier 868) K , et où nous sont retracés ses actes et l'histoire des commencements de son monastère, témoignent par leur partialité des bons rapports du prince et de l'abbaye.
En Bretagne armoricaine comme dans les îles, l'élément monastique est prédominant. Il serait fort embarrassant de dire le rôle qu'y joua avant le ixe siècle le clergé séculier.
Il se forma autour des lann des agglomérations qui devinrent des bourgades et des villes. Mais c'est le plou (du latin plebs) qui donna naissance à beaucoup d'anciennes paroisses bretonnes2. Le régime du clan survécut-il à l'émigration? Il est difficile de s'en assurer. Le groupement le plus manifeste c'est le plou, dont l'organisateur est le machtiern, appelé princeps plebis par le Cartulaire de Redon, ou bien unévêque(Plescop). Il est établi dans un vicus (Ploudalmezeau = * Vicus Telmedovius) , dans un castrum (Plougaer = Plou Caer) . 11 contient un certain nombre de hameaux (treb). La trêve est une subdivision paroissiale encore reconnue actuellement dans certains cantons de la Bretagne. Aussi le plou comprenait-il parfois de nombreuses chapelles3, autour desquelles le peuple s'assemblait au moins une fois l'an et s'y livrait à ces pratiques de dévotion dont on peut encore aujourd'hui se faire une idée en fréquentant les pardons.
Au ixe siècle on voit, non seulement des chapelles, mais même des églises paroissiales devenues, en Bre-