‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 110 sur 301 · Cf. Planiol, dans An. Br., ix, 1894, p · texte numérisé non relu

Cf. Planiol, dans An. Br., ix, 1894, p

tagne comme dans le reste de la Gaule, la propriété privée des laïques * .

Un qualificatif a souvent été joint au mot plou pour former avec lui un nom de lieu (Plœ-meur = plebs magna; Pleu-bihan = plebs parva) ; mais, dans un très grand nombre de cas et jusque dans la zone médiocrement bretonisée, c'est un nom de saint qui a été joint au nom du plou (Plumelec ■= Plou de saint Maeloc, Ploërmel = Plou de saint Arthmael ou Armel, etc.), ce qui montre le caractère religieux de beaucoup de ces groupements.

:' 5. — L'émancipation de l'Église de Bretagne.

Au ve siècle, l'Armorique était du ressort de la province ecclésiastique de Tours. C'est le métropolitain tourangeau Perpetuus qui préside le concile réuni à Vannes vers 465. C'est le métropolitain tourangeau Licinius qui, vers 515, de concert avec ses suffragants de Rennes et d'Angers, adresse aux deux prêtres bretons Lovocat et Catihern les remontrances dont nous avons parlé ailleurs. Mais l'autorité de la métropole, si elle fut reconnue à l'origine par l'Eglise armoricaine, fut de plus en plus battue en brèche au cours des siècles suivants. Il arrivait parfois à des évêques bretons d'assister à des conciles hors de leur pays. Saint Samson, évêque de Dol, par exemple, souscrivit, en 557 (?), au troisième concile de Paris ; Garurbius, évêque de Tréguier ou de Saint-Brieuc, siégea au synode de Quierzy où fut condamné Gottschalk (mars-avril 849) 2; mais jamais les évêques de nationalité bretonne ne prirent

1. Pianiol, ibid., p. 232. — Ihbakt de la TocR, Les origines religieuses de la France. Les paroisses rurales du IVe au XIe siècle, Paris, 1900, p. 198-215.

2. Mansi, Concil., IX, col. 747. — Hinchar, De praedestinatione, 2 (P. L.: CXXV, 85). — Sur ce personnage voii' Lot, Mélanges, p. 85-86.

part aux conciles de la province de Tours. Le reproche leur en est fait formellement dans la lettre adressée par les pères du concile de Soissons au pape Nicolas Ier (866) *.

Pour les consécrations épiscopales, ils ne s'inquiétaient pas davantage d'obtenir l'assentiment du métropolitain. Le neuvième canon du concile de Tours de 567 les rappelle à l'ordre à ce sujet : « Qu'aucun pontife, sans l'assentiment du métropolitain ou des évêques de la province, n'ose donner, en Armorique, la consécration épiscopale, soit à un Breton, soit à un Romain : autrement qu'il se sache excommunié2 ». Les « Romains » dont il est ici question sont les évêques de Rennes, Nantes et Vannes. De fait Félix de Nantes et Victorius de Rennes assistaient à ce concile. Ce sont eux qui ont dû attirer l'attention des pères sur les agissements de leurs voisins. Il n'est guère probable que les Bretons aient par la suite déféré à cette injonction.

Malgré les efforts de Charlemagne et de Louis le Pieux, la séparation entre l'Eglise d'Armorique et le siège de Tours ou, pour mieux dire, l'Eglise franque tout entière, ne fit qu'aller en s'accentuant. Les Bretons n'étaient point familiarisés avec l'institution des sièges métropolitains. Ils n'avaient connu rien de pareil dans leur pays d'origine. La notion de diocèse leur était même probablement étrangère. D'autre part, aux yeux des Francs, leur organisation épiscopale, leurs abbésévèques, leur clergé monastique, leur tonsure et leur pâque passaient pour choses hétéroclites, informes et condamnables, qui appelaient d'urgentes et radicales réformes.

Ajoutez à cela qu'au point de vue politique les hostilités furent continuelles et implacables, sous les Méro-

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