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Mansi, IX

vingiens et les Carolingiens, entre Bretons et Francs. On comprend que cela ait encore envenimé les rapports entre les prélats des deux pays. En Grande-Bretagne toute entente avait été impossible entre le clergé breton et Augustin de Canterbury, l'apôtre des Saxons ennemis. Il faut reconnaître, d'ailleurs, que l'épiscopat franc, tout en s'élevant à bon droit contre l'insoumission des Bretons en matière ecclésiastique, mêla, plus d'une fois, à ses objurgations canoniques d'irritantes préoccupations politiques * .

Si l'on fait enfin entrer en ligne de compte l'attachement obstiné à leurs usages religieux, qui caractérise si hautement les Celtes, et dont saint Colomban fit preuve en Gaule même avec tant d'éclat à la fin du vie siècle dans ses démêlés avec les prélats burgondes2, on aura toute l'explication de ce mouvement séparatiste que les exorbitantes prétentions du roi Nominoé précipitèrent dans sa phase extrême.

Le refus de payer les tributs imposés par les Carolingiens, telle fut la cause des campagnes entreprises contre la Bretagne par Pépin le Bref, puis par Charlemagne. Les annales franques enregistrent ainsi le résultat de l'expédition de 799 : « Toute la province de Bretagne fut conquise par les Francs, ce qui jusque-là ne s'était jamais vu 3 ». Pourtant les armées impériales durent encore par trois fois entrer en campagne sous Louis le Pieux pour triompher des révoltes de Morvan (818) et de Wiomarc'h (822-825). En 826, Louis confiait le gouvernement de la Bretagne au breton Nominoé avec le titre de duc. La paix ne fut guère troublée sous son administration du vivant du souverain; mais, celuici mort (840), Nominoé ne se crut plus engagé vis-à-vis

i. Mansi, XV, 533, 733.

2. E. Martin, Saint Colomban {Les saints), Paris, 1905, p. 7G.

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