‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 112 sur 301 · Annales Francorum, ad an. 799 (Bouquet, V, p · texte numérisé non relu

Annales Francorum, ad an. 799 (Bouquet, V, p

de ses successeurs : hardiment il leva la bannière de l'indépendance.

En 843 il se jette sur le pays de Rennes; l'année suivante, il passe la Loire et pénètre en Poitou. Charles le Chauve marche sur la Bretagne avec une nombreuse armée. Nominoé l'attend entre l'Oust et la Vilaine et remporte sur lui, à Ballon, le 22 novembre 845, une éclatante victoire 1. La guerre de l'indépendance terminée, le Breton se fait conquérant. Il prend le titre de roi de Bretagne, s'empare de Rennes, Nantes, Angers, s'élance sur le Mans « avec une indicible furie2 » et pousse jusqu'en Beauce ses hardies chevauchées.

Arrivé à l'apogée de sa fortune politique, le triomphateur eut malheureusement le tort de se mettre en tête de réformer à sa guise l'Église de Bretagne. Les sièges de Vannes, Quimper, Dol et Léon étaient occupés par des évêques dévoués aux princes francs. Désireux de s'en débarrasser, Nominoé accueillit avec empressement les accusations de simonie portées contre eux par Convoïon, abbé de Redon. Il députa à Rome l'abbé pour obtenir leur condamnation du Saint-Siège et leur déposition3. Deux des prélats accusés, Susannus de Vannes et Félix de Quimper, se rendirent, de leur côté, près du pape pour se justifier. La décision de Léon IV ne fut pas telle que Nominoé l'attendait. Le pontife lui écrivit personnellement, mais cette lettre ne nous est pas parvenue 4. Dans sa lettre aux évêques

1. Sur cette date et les événements ici mentionnés voir René Merlet, Les guerres d'indépendance de la Bretagne sous Nominoé et Erispoé (Revue de Bretagne, 1891, p. 6 sq.).

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