‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 113 sur 301 · Chron. Fontanellense (Bouquet, Vil, p · texte numérisé non relu

Chron. Fontanellense (Bouquet, Vil, p

3. Gesta Sanctorum Rotonensium, éd. Mabillon, Acta Sanct. 0. S. B., saec. v, 2, p. 211.

4. Elle est analysée dans la Chronique de Nantes, éd. Merlét. p. 3*. 35 et 59.

de Bretagne, Léon IV disait en substance : Ceux qui seront convaincus de simonie doivent être déposés, mais seulement en concile et par douze évêques, ou sur le témoignage de soixante-douze témoins. Au cas où Tévêque accusé demanderait à être entendu à Rome, il y sera renvoyé. Puis le pape indiquait les textes canoniques d'après lesquels devait être conduit le procès 4.

C'était là une procédure bien compliquée pour le prince breton. Il convoqua à Coëtleu 2, entre Redon et Ploërmel, une grande assemblée de prêtres et de laïques pour juger les accusés. Ceux-ci, qu'on avait menacés de faire périr s'ils ne s'avouaient simoniaques, s'avouèrent tels, déposèrent leurs insignes et allèrent chercher refuge chez les Francs (849) 3. Nominoé remplaça les malheureux prélats par ses créatures.

Les quatre évêques s'étaient-ils vraiment rendus coupables du crime de simonie? La procédure peu canonique de Coëtleu, l'accueil bienveillant fait aux inculpés parles évêques francs, le témoignage de Ylndiculus de episcoporum Britonum deposilione et de la Chronique de Nantes4, un passage d'une lettre du pape Nicolas Ier au roi breton Salomon (862), permettent d'en douter. « On dit, lisait-on dans ce dernier document, que ces évêques confessèrent leur crime; mais on peut croire que, sous le coup de la violence et de la crainte, ils dirent ce qu'ils n'avaient pas fait, parce qu'ils virent les laïques et les séculiers conspirer contre eux avec le roi 5. »

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