Voir plus loin : ch. vu. 3 2 et ch. vin
5. E. Yacasdard, Vie de S- Ouen évêque de Rouen, Paris, 1902, p. 164.
bio, et forme même le projet de passer en Irlande '.
Le futur abbé de Jumièges, saint Philibert, paraît possédé de la même hantise. Il suit d'abord à Rebais la règle colombanienne, visite Luxeuil et Bobbio et dédie à saint Colomban l'un des autels de Jumièges 2.
Saint Eloi, encore laïque, érigea le monastère de Solignac. au diocèse de Limoges, qu'il fit exempter, suivant le procédé scotique, de la juridiction épiscopale, pour le placer sous celle de l'abbé de Luxeuil. La charte de fondation établissait, selon l'usage du moment, comme norme religieuse, la double règle de saint Benoît et de saint Colomban.
Deux anciens officiers de la cour de Clotaire II et de Dagobert Ier furent en contact direct avec les Scotti : saint Cyran, qui serait abbé de Longrey, dans le Berry, et qui dut en partie sa conversion à la rencontre de l'évêque irlandais Flavinus, et Didier de Cahors, dont l'amitié pour un certain Scot du nom d'Arnanus a mérité d'être notée par son biographe 3.
Mommelin, le successeur de saint Eloi sur le siège de Noyon, sortit de Luxeuil ; de même saint Valéry de Leuconoë, qui avait connu saint Colomban ; de même saint Orner et saint Bertin, disciples d'Eustase, son successeur*. C'est par ces moines-missionnaires que les traditions monastiques irlandaises s'implantèrent dans le nord de la Gaule. C'est également à Luxeuil que Bathilde, épouse de Clovis II (639-657), demanda le premier abbé de l'abbaye de Corbie, construite par ses soins, et c'est enfin au double monastère de Jouarre