Conc. Cabil.II, c. xlv (Mansi, XIV
trouveras qu'à condition de l'amener avec toi. — C'est grande folie, grande frénésie, grande perte de sens, grande déraison, puisque tu t'achemines sûrement vers la mort, que d'exciter le déplaisir du fils de Marie1 » . Cependant une vieille lorica gaélique invoque la protection de « tous les glorieux pèlerins, de tous les saints qui abandonnèrent leur pays2 ».
A considérer le nombre extraordinaire des clercs et des moines émigrants, on pourrait supposer que les règles disciplinaires relatives à la stabilité étaient moins solidement établies en Irlande que sur le continent. Il n'en est rien. Les canons et les règles religieuses s'accordent à condamner là, comme ailleurs, les inconstants et les gyrovagues. « C'est d'abord sa patrie qu'il faut instruire, à l'exemple du Seigneur, porte un canon attribué à l'époque de saint Patrice. Ce n'est qu'au cas où elle ne profite pas de cet enseignement qu'il est permis de l'abandonner, à l'exemple de l'Apôtre3. » Dans quel sens les populations irlandaises donnèrent-elles matière à l'application de cette alternative? C'est ce que nous verrons plus loin. La collection canonique connue sous le nom & Hibernensis renferme un canon, qui se donne également comme de provenance patricienne, ainsi conçu : Patricius ait: monachus inconsulto abbate vagus ambulans in plèbe débet excommunicari 4 . D'autre part, les règles d'Ailbe d'Emly et de Colomban sont formelles sur la nécessité de la clôture pour les moines3. Saint Maelruain et les
1. Ces deux quatrains en irlandais se trouvent au fol. 23 du Codex Boernerianns (A. HSb ) de la bibl. roy. de Dresde. Voir Der Codex Boernerianus... in Lichtdruck nachgebiidet, Leipzig 1909, p. 11-13. — Ces vers ont été publiés et traduits notamment dans /. L. H-, II, p. 191 ; Thés. Pal, II, p. 296. Cf. d'Arbois, R. Cel. xu, 1891, p. 154.
2. A Hymn of Invocation, éd. A. O'Kr.i i.f.iif.r {Brin, iv, 1910, p. 239).