Conc. Meldense, c. 40(Haksi, Concil., XIV
3. ï'raef. Conc. Meldense.— Capit. Karoli H {M. G., Leges, I, p. 390- 391).
La même bienfaisante intervention épiscopale apparaît dans une lettre de date incertaine adressée par les évèques des provinces de Reims et de Rouen à Louis le Germanique, vraisemblablement lors de son invasion dans la France occidentale, en 858 '. On en attribue la rédaction à Hincmar de Reims. Les évêques réclamaient de nouveau le retour des établissements des Scots à leur ancienne destination, puis ils demandaient, au surplus, que le monarque tînt la main à ce que les administrateurs de ces maisons se soumissent, comme le prescrivaient les canons etles capitulaires, àla juridiction des évêques, qui, ajoutaient-ils, les entoureront, en retour, de la plus bienveillante sollicitude 2.
A partir du milieu du ixe siècle, les monastères et les hospices irlandais se multiplièrent surtout en dehors du royaume franc de l'ouest. Le professeur et poète scot Donatus, devenu évêque de Fiesole (829-876 . donne, le 20 août 850, au monastère de Bobbio, une église du pays de Plaisance à laquelle fut attaché, dans la suite, un hospice pour les pèlerins irlandais 3. En 883, Charles le Gros érigea, dans la Rétie, un monasterium scottorum, au Mont Saint-Victor, là même où l'ermite irlandais Eusèbe s'était retiré vingtneuf ans auparavant. Deux ans après, le même prince abandonna à ce monastère les revenus d'une de ses villas pour l'entretien d'un hospice destiné à recevoir douze pèlerins se rendant à Rome 4.
Au xe siècle, les souverains germaniques parsèment leurs États de fondations similaires. Nous trouvons les
1. Cl. E. Lavisse, Histoire de France, Paris, 1903, t. II, p. 380.
2. P. L., cxxvi, 17. — Cf. L. Lallemaxd, Histoire delà charité, Paris, 1906, t. III, p. 183.
3. G. Tononi, Ospizio pei pellegrini irîandesi [Strenna Piacentina, 1891). Cf. Revue historique, xlviti, 189-2, p. 1-23-1-2Ï.
4. Ratpert, Casus S. Galli [M. G., S. S., II, p. 73 et la note de l'édileur).
Scots établis, aux environs de 945, à Saint-Michel en Tiérache et à Waulsort, dans les Ardennes '. L'existence de Waulsort fut officiellement consacrée par une charte d'Othon Ie1', roi de Germanie, en date du 19 septembre 946. La maison devait, d'après cette pièce, rester l'apanage des Scotti et un moine de cette nationalité serait appelé à l'abbatiat, tant que la communauté en compterait dans son sein. En outre, l'abbaye fut spécialement affectée à l'hospitalisation des voyageurs étrangers et reçut, pour cela, le nom de monasterium peregrinorum 2.
L'Ecossais Cadroë, abbé de Waulsort, ayant été appelé à Metz par l'évêque Adalbéron Ier (929-964) pour relever le monastère de Saint-Clément (953), il fut remplacé par l'Irlandais Forannan, qui négocia avec Thierry, le successeur d'Adalbéron, l'annexion à son monastère de l'abbaye voisine d'Hastières 3.
Adalbéron II (984-1005) ne se montra pas moins disposé que ses prédécesseurs à confier aux insulaires les établissements monastiques de son diocèse. Scotti et reliqui sancti peregrini semper sibi dulcissimi habebantur, remarque Constantin de Saint-Symphorien, son biographe 4. En ce temps-là l'abbaye de Saint-Clément avait à sa tète l'Irlandais Fingène. Adalbéron le pria de prendre en outre le gouvernement de Saint- Symphorien, monastère qui avait été détruit longtemps auparavant, probablement par les Nor-
1. A. Sanct. Bol., t. II de janvier, p. 749-731. —Voir, sur la fondation de Waulsort, Joseph Bldiek, Les légendes épiques, recherches sur la formation des chansons de geste, Paris, 1908, t. II, p. 403-404.
S. M. G., Dipl., I, p. 160-161. — Cf. Lahaye, Etude sur l'abbaye de Waulsort, Liège, 1890, p. 11. — Ce fut le Scot Maccalan, abbé de Saint- Michel, qui gouverna d'abord Waulsort. Cf. D. U. Berlière, Monaslicoa belge, Bruges,4890, 1. 1, p. 40, et A. Bellesiieim, Ueber einige.Beziehungen... (voir la bibliogr.), p. 50.
3. Yitasecunda Forannani, -2 (A. Sanct. Bol., t. III d'avril).