Ep.bd {ibid., p
3. C'est la conclusion à laquelle arrive également M. H. Williams ilans Z. C. P., \v, 1903, p. 542-544.
4. Commel'ont conjecturé Warren, Lit. C. C, p. 64 sq., et Loofs, op. cit., p. 25.
5. Cf. Plummer, Bède, II, p. 75; Wilson, Notes on some liturgical questions (v oir la bibliogr. en tête du chap.), p. 249. — Dans ce travail, M. Wilson examine toutes les opinions émises au sujet des particularités rituelles des Bretons dans l'administration du baptême sans en adopter aucune, c'est, hélas! aussi ce que nous faisons nous-même.
G. Lettre de Lanlranc (f 1089) au roi Irlandais Turlogh dans Ushkr, Sylloge {Works, IV, p. 493).
Au xne siècle, on voit une autre coutume établie en Irlande , celle de baptiser les nouveau-nés à la maison sans recourir au ministère sacerdotal. Le concile de Cashel (1172) prohiba cet abus, et, de plus, assuret-on, celui autrement grave, qui consistait à baptiser les enfants des riches en les plongeant par trois fois dans du lait 4. Rien non plus ne nous autorise à penser que de telles pratiques aient déjà été répandues chez les Bretons au temps d'Augustin. S'il se lut agi du dernier usage mentionné, l'archevêque n'eût certainement pas manqué de déclarer très nettement qu'un tel baptême était radicalement nul par suite du défaut de matière. Nous ferons d'ailleurs observer que c'est seulement Benoît de Peterborough (-j- 1193) qui attribue au concile de Cashel la prohibition de la triple immersion lactée2, et que cet auteur pourrait bien, d'ailleurs, n'avoir entendu parler dans ce passage que d'un rite profane de la naissance, lequel n'excluait peutêtre pas un baptême administré selon les règles 3.
Bref, on n'arrive pas à voir ce que les missionnaires romains trouvaient de défectueux dans le baptême des Bretons, ni si leurs objections portaient sur la matière ou sur la forme. On possède bien un canon du pénitentiel de Théodore de Canterbury (-J- 690), ordonnant de rebaptiser ceux qui, pour avoir été baptisés par des Scots ou des Bretons dissidents, doutent de la validité de leur baptême A. Mais la raison qui faisait prescrire ce nouveau baptême n'est point un dé-
i. Mansi, Concil., XXII. 133. — Warin, Mémoire, p. 105.
2. Benoît, Gesta Régis He?iriciII,éd. Studbs {R. B.S-), London, 1867, t. I, p. 28.
3. John Salmox {The ancient Irish Church as a wilness to Catholic Doctrine, Dublin, 1897, p. 64-65) montre que l'assertion de Benoît est très probablement fantaisiste. — Sainte Bri^ide, d'après Lismore,p. 36, aurait été ainsi baignée, à sa naissance, dans du lait sans préjudice du baptême.
4. C. E. D.JII, p. 197. — Cf. Canones Gregorii, can. 189 (Buss., p. 180).
faut de matière ou de forme. L'unique motif de la décision — si contraire qu'il soit à la pratique constante de l'Église romaine — , c'est que le sacrement a été administré par des prêtres « non catholiques », par ces Scots et ces Bretons « que leur Pâque et leur tonsure mettent hors de l'Église », disons le mot, par des « hérétiques ».
2 4. — La Consécration épiscopale.
En dehors de la Pâque, de la tonsure et de l'administration du baptême, les Bretons et les Scots étaient encore sur d'autres points en discordance avec la discipline et la liturgie romaines1. Ils ne se conformaient point à la règle canonique qui exigeait la participation de trois évêques au moins à la consécration épiscopale 2 .
La sixième réponse de saint Grégoire à saint Augustin de Canterbury 3 autorisait celui-ci à ne pas se montrer très exigeant sur ce point vis-à-vis des Bretons. Aussi ne leur fit-il aucun reproche de ce chef. Saint Ninian étant probablement le seul évêque chez les Pietés du sud, et saint Patrice le seul en Irlande à l'origine, force leur fut de consacrer seuls les premiers prêtres élevés par eux à l'épiscopat : ainsi se fit la consécration de Fiacc *. Ce qui fut imposé par la nécessité au début paraît s'être converti en coutume dans
i. « Sed et alia plurima unitali ecclesiasticae contraria laciebant », dit Bédé des Bretons; et aux mêmes Augustin : « Quia in multis quidem nostrae consuetudini, immo universalis Ecclesiae contraria geritis » {H. E., n,-2; P.L., XCV, 82-83). Et, à W'hitby « mota ergo ibi quaestione de pascha, vel tonsura, \el aliis rébus ecclesiasticis » (H. E., m, 25, col. •159).
2. Consulter sur ce point Smith et Chatham, Dict.of Christ. Antiquités, art. Bishop, p. 221-22'*.