Bède, H. E., i
i. Vita Niniani, vi, éd. Forbes, p. 148, — Tr. h., p. 345.
la suite des temps. Cette coutume n'était cependant pas universellement gardée dans les chrétientés celtiques : l'on voit, en 665, deux évêques bretons se joindre à Wine, évêque de Winchester, pour consacrer Chad ; et, pour consacrer Cedd, le frère de celui-ci, Finan. évêque de Lindisfarne, s'adjoignit aussi deux autres évêques *,
Jocelin de Furness, parlant de l'ordination épiscopale de saint Kentigern, premier évêque de Glasgow (?), par un seul évêque, donne cette pratique comme reçue communément chez les Bretons aussi bien que chez les Scots2. Mais n'oublions pas que ce biographe écrit plus de cinq siècles après l'époque où vécut son héros. Il est certain néanmoins que, dès le vne siècle, on tenait pour suspectes en Angleterre les ordinations des dissidents, comme d'ailleurs tous les sacrements administrés par eux. Pour se préserver de la contamination des évêques scots, Wilfrid alla se faire consacrer en pays franc, à Compiègne 3. A la même époque l'évêque Chad vit la validité de son ordination contestée par l'archevêque Théodore, à cause de la part qu'y avaient prise les deux évêques bretons. Chad fit preuve, dans la circonstance, d'une admirable humilité, qui fait honneur aussi à ses maîtres spirituels, les Scots honnis. « Si vous croyez, dit-il, que je n'ai pas été canoniquement consacré, je suis tout prêt à résigner une fonction dont je ne me suis jamais senti digne et que je n'ai acceptée que par obéissance''. » Théodore ne voulut
1. Bède, H. E., m, 28. — H. E„ m, -20. — C'est également lavis de Loofs, op. cit., p. 26 et 76. — M. Padl Folrxier serait disposé, au contraire, a y voir une tradition constante (R. H. E., vu, 1906, p. 771).
2. Vita Kentigerni, xi, éd. Forbes, p. 182. — Voir la note importante de Forbes, p. 335-340. — Jocelin parle, en outre, dans ce chapitre d'une autre particularité bretonne dans la consécration des évêques.