‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 173 sur 301 · Bède, H. E., iv · texte numérisé non relu

Bède, H. E., iv

pas priver du caractère épiscopal un sujet aussi désintéressé, mais il le soumit à une réordination per omnes gradus*. Théodore prescrit pareillement, dans son pénitentiel, la réitération de l'imposition des mains par un évêque « catholique » pour tous les prêtres ordonnés par des évoques scots ou bretons2.

Il est assez piquant dénoter que le même personnage, qui se montre redresseur si acharné des infractions canoniques des Celtes, ne se fit pas scrupule de consacrer, lui-même, en 678, trois évoques inordinate solus, comme nous l'apprend Eddius3.

Ce qui est indéniable, c'est que la consécration épiscopale par un seul évêque était devenue un usage courant en Irlande, aux xie et xiie siècles. Nous en avons pour preuve plusieurs lettres de Lanfranc et de saint Anselme à des princes de ce pays *.

S 5. — Rome et les chrétientés celtiques.

Au cours de ces controverses les deux partis firent preuve d'une documentation également illusoire et d'une égale ignorance. Dans les conférences, dans les traités, dans les lettres échangées, l'argumentation est, la plupart du temps, d'une faiblesse insigne. Pour la dissimuler, on fait grand étalage de considérations mystiques. On s'appuie aussi sur des ouvrages apocryphes. Nous avons déjà dit ce qu'était ce traité d'Anatole qui passa, aux yeux des deux partis, pour authentique. D'autres documents con-

i. Eddius, op. cil., xv, p. 22.

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