Op. cit., xxiv, p
4. Lanfranc, Ep. 27; Anselme, Ep. 33et3C (Usheb, Sylloge. - Works, t. IV, p. 193, 521, 524)
trouvés, tels que les actes du concile de Césarée, ou épître synodale de Théophile, le traité dit d'Athanase sur le système pascal, firent encore les frais des débats 1 . On invoque de part et d'autre des traditions factices : les partisans des observances romaines en font remonter l'origine à saint Pierre, les dissidents prétendent tenir leur Pâque de saint Jean; les premiers accusent leurs adversaires de porter la tonsure de Simon, allégation contre laquelle ceux-ci ne songent même pas à protester.
Les gens qui ont à défendre des traditions chères s'embarrassent peu, pour l'ordinaire, de la critique et de la logique. On a vu combien les Celtes d'outre-mer tenaient aux leurs. Plusieurs raisons expliquent cet attachement passionné à de vieux usages : leur situation insulaire, l'invasion de l'Europe occidentale par les Barbares, au vc siècle, l'invasion de la Grande-Bretagne, à la même époque, par les Saxons. Les mers et les Barbares séparent les chrétiens insulaires du reste de l'univers. Au cours des ve et vie siècles, des changements importants s'opèrent dans la discipline et la liturgie de l'Église romaine, dont ils ne furent instruits que sur le tard2. Il leur vint bien des bruits de ces innovations, mais ils étaient excusables de se défier de leur authenticité, n'ayant reçu, avantlesecond quart du viie siècle, aucune notification directe et officielle du centre de la catholicité. Relativement à la Pâque, la lettre du pape Honorius Ier (625-638) 3 est la première admonition qui leur soit parvenue de Rome. Cette lettre ne fut pas vaine : elle entraîna à bref délai la
1. Consultez sur ces productions, Ki-.uscn, Studien, p. 302-10, 328-3(>; Mac Cartiiy, A. U., p. cxv-cxvni.