Aldhelm, Ep. ad Geruntium (P. L., LXXXIX
S. Cummiak, P. L., LXXXVII, 977. — Bédé, Vita Cuthberti, xxxix (P. L., XC1V, 780). — Eddius, Vita Wilfridi, xn, p. 18. — Aldhelm, op. cit., col. 88. — Vita Wilfridi, loc. cit., v, xh, p. 8, 118. Canones Gregorii, c. 189 (Buss., p. 180).— « Silete et nolite noshaereticos voeare » (Cr.\imian, P. L., LXXXVII, 975). — Les Bretons sont classés par YHiberncnsis entre les Juifs et les hérétiques, parmi les « provinces et les personnes » dont les jugements ecclésiastiques ne sauraient avoir d'autorité (i. K., xx, 6, p. 01-62). — « 11 y a lieu de se demander si l'on donnait au mot hérétique toute sa signification, quand on l'appliquait aux Bretons » (Saltet, Les réordinations, p. 99).
3. C. E. D., III, p. 197. — Au temps des papes Anicet et Victor Ier on distinguait mieux l'essentiel de la foi d'avec les observances disciplinaires (cf. Mt-r Batiffol, Etudes de théologie positive, t, II, p. 148).
4. Ai'GUStin Thierry, Histoire de la conquête d'Angleterre, t. I, p. 08 sq., a fait de l'église bretonne une église hérétique.
5. Ils prennent part aux conciles d'Arles (314) et deBimini (359); ils provoquent les missions de saint Victrice de Bouen et de saint Germain d'Auxerre, etc.
sont là pour proclamer, au vme siècle, l'orthodoxie dogmatique des Scots '.
A entendre pourtant certains auteurs, l'Église celtique aurait été nettement séparatiste et indépendante ; elle se serait soustraite très résolument à la juridiction du pape2.
Que cette Église ait longtemps gardé, au sein de la grande unité catholique, une physionomie originale, un peu en retrait et dans la pénombre, cela est trop clair; mais prétendre qu'elle ait fait preuve de sentiments hostiles, ou même défiants, ou même indifférents vis-à-vis de l'Église mère de la chrétienté, voilà qui est franchement en désaccord avec nos meilleures sources d'information3.
Un dit de saint Patrice4, le traité de Cummian sur laPàque, le Liber Angeli, la Collectio canonum hibernensis renferment des preuves non douteuses de la reconnaissance de la suprématie pontificale par l'Église d'Irlande. Mais ces textes, sauf le premier, étant postérieurs à la conversion disciplinaire du sud. on récuse leur témoignage comme l'écho du parti romain triomphant5. Cependant il se dégage de l'opuscule de Cummian une conclusion dune grande portée, à savoir que, même avant le retour d'une partie de l'Irlande à l'observance pascale commune, on ne répugnait pas, dans ce pays, en cas de doute en matière canonique, à envoyer à Rome, au centre de la chrétienté, celui natos ad matrem, une députation chargée d'en rapporter la lumière. C'est, on s'en souvient, la décision qui fut adoptée en 628 ou 629 6.
1. Vita Columbani, 1,3, éd. Kkuscii, p. 67. — Bède, H. E.,m, 2."J.
9. II. Rees, An Essay on ihe Welsh Saints, London, 1836, p. 28'J, 292.