Thomas Olden, Church of Ireland, p
6. C. E. D., II, p. 332. - /. K., xx, 5, p. 61. — Le Seot Virgile de
210 LES CHÉTIENTÉS CELTIQUES.
L'attitude des Scots vis-à-vis de Rome, avant leur ralliement sur le terrain disciplinaire, nous est encore connue par le Vénérable Bède, qui rapporte que, bien qu'instruit par des moines scots, le roi Oswy ne laissait pas de professer des idées très orthodoxes sur la catholicité et l'apostolicité de l'Eglise romaine1.
L'attachement des Irlandais au siège romain, le respect qu'ils professaient pour son autorité doctrinale et pour sa juridiction suprême ressortent enfin clairement de la correspondance de saint Colomban. Il ne faut pas s'offusquer des libertés de langage de cet écrivain passionné; on en trouverait dépareilles sous la plume de gens dont l'attachement à la chaire de Pierre ne peut être contesté, un saint Irénée, un saint Cyprien, un saint Boniface. Il salue l'évêque de Rome comme « le chef des Eglises de l'Europe », « le pasteur des pasteurs ». Il le considère comme le dépositaire de l'orthodoxie, il lui demande, dans son aveuglement sur sa propre erreur, de rappeler à l'ordre ces « quasischismatiques » gaulois qui l'entourent2. Que peuton trouver de plus net sur la reconnaissance de la suprématie romaine?
Tels étaient les sentiments professés à l'égard de Rome par l'un des plus illustres représentants de l'Eglise scotique3. Quels étaient ceux des Bretons, à
Salzbourg recourt de munie au Saint-Siège, vers 745, pour le consulter sur la question de la rebaptisation (Zachauie, Ep. 68; M. G., Episl., III, p. 336).
1. Bède, m, 29 (P. L., XCV, 168). — Saint Patrice pose cette question aux filles du roi Loégaire: « Si creditis unitatem Ecclesiae? » (Tïreciiax, p. 316).
2. P. L., LXXX, 274 sq., 239 sq. « Miror, fateor, a te hune Galliae errorem acsi scismaticum iam diu non fuisse rasum » (M. G., Episl. III, p. 157). — Cf. Funk, Zur Geschichte der altbritischen Kircfte (Kirchengeschichtliche Abhandlungen und Untersuchtingen), Paderborn, 1897, t. I, p. 430.
3. Consultez sur cette question Daniel Rock, Did tlie early Church in Ireland acknoivledge t/te Pope's Supremacy ? London, 1844, et Mokan,
la même époque, au cours de leurs démêlés avec Augustin? Nous avons à cet égard une profession de loi très tranchée. C'est une réponse adressée par un personnage connu, Dinoot, abbé de Bangor Iscoed, à saint Augustin de Canterbury lui-même, réponse que Migne a imprimée dans le même volume que la correspondance de saint Colomban. « Je suis disposé, dit Dinoot, à témoigner au pape de Rome l'affection et la charité que je dois avoir pour tout chrétien, je ne dois rien de plus à celui que vous appelez le pape et qui prétend indûment être le père des pères. Nous ne connaissons d'autre chef que l'évêque de Caerleon. C'est lui que Dieu a chargé de veiller sur nous1. » Aucun texte plus net n'a jamais été produit en faveur de l'indépendance de l'ancienne Eglise celtique. Il n'a qu'un défaut, qui n'est pas de mince conséquence, c'est d'avoir été composé, non point par Dinoot au vne siècle, mais bien par un protestant gallois du xvie, qui prête à l'abbé de Bangor ses propres sentiments sur la papauté. L'original était en gallois 2, la traduction latine est de Spelman. Personne aujourd'hui ne conserve de doutes sur la « fabrication » de cette pièce3.
Essays on the Origin, Doctrines and Discipline of the early Irish Church , Dublin, 1864, p. 80-160.