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CHAPITRE VII

LIv CLERGE ET LES INSTITUTIONS ECCLESIASTIQUES

S 1. — L'Épiscopat en Grande-Bretagne.

Le monastère-évêché du type armoricain dut exister dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne aux vc et vie siècles, puisque les premiers abbés-évêques d'Armorique étaient originaires de cette région. Mais rien

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Pardessus, Diplomata... aliaque instrumenta ad res Gallo-Francicas spectantia, Paris, 1843, etc., t. II.

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Robert King, A Memoir introductory to the early History of the Primacy of Armagh, Armagh, 1854.

Articles Célibat ecclésiastique par M. Vacandard dans le Dictionnaire de théologie catholique de Vacant-Mancenot, Célibat par Dom H. Leclercq, dans le Dictionnaire de Dom Cabrol. — Comme étude parallèle à la nôtre, sur le célibat ecclésiastique clans l'église anglo-saxonne, voir l'article du R. P. H. Thcrston, Clérical Celibacy in the Anglo-Saxon Church [The Month, août 1909, p. 180-19i\

n'empêche de supposer qu'à côté de ces évêques, chefs d'abbayes, il y eût également des évêques diocésains ouquel'évêque, placé à la tête d'un monastère, exerçât en même temps sa juridiction sur tout un diocèse ' . La Bretagne romaine avait possédé des évêques à siège fixe, tels ceux d'York, de Londres et de Lincoln présents au concile d'Arles de 314. On a vu que sept évêques bretons prirent part à la conférence réunie par les soins d'Augustin de Canterbury en 605 ; mais le Vénérable Bède n'indique pas les sièges de ces prélats. Dans la Bretagne celtique, où la tribu formait l'unité civile essentielle, chaque tribu, ou du moins chaque ensemble de tribus amies formant une principauté, voulut avoir son propre évêque. Ainsi fut fondé le siège de Bangor pour la principauté de Gwynedd. celui de Saint-Asaph pour le Powys, celui de Menevia, ou de Saint-David's, pour la principauté de Dyfed, Llanbadarn pour la principauté de Ceredigion, Llandalf pour le Gwent.

Les rivalités politiques incessantes entre les principautés entraînèrent leurs évêques à des luttes de prééminence. Aucune organisation métropolitaine n'apparaît chez Gildas. Mais après lui on voit les évêques de Caerleon, de Saint-Asaph, de Llandaffetde Saint-David's revendiquer tour à tour une sorte de primauté sur les autres sièges gallois 2.

Cet état de choses a fait croire à certains auteurs à l'existence, dans l'Eglise galloise de ce temps-là, d'une sorte de primatie ambulatoire, la prééminence se fixant

1. Le texte des lois d'Howell Dda (Ancient Laws of Wales, éd. A. Owen, London, 1841, p. 273), où il est parlé des sept maisons épiscopales de Dyfed, ne fournit, à mon sens, aucune raison décisive en faveur de l'existence de sept évêques monastiques dans la principauté, comme l'a cru M. John Pryce, The Ancient British Church, p. 169.

2. Sur ce point, voir notamment Waltf.r, Das alte Wales, p. 233-237; \V. L. Bevan, Saint David's (Diocesan Historiés), London, 1888, p. H-u.

toujours sur la tête du plus digne et se rattachant par conséquent tantôt à un siège, tantôt à un autre. « Cet évêque principal est en même temps le chef d'un monastère », observe Arthur de la Borderie, l'un des tenants de cette thèse ' . Mais on ne voit rien dans les textes qui fasse croire à l'existence d'une combinaison de ce genre.

Caerleon, à l'époque romaine, était capitale de province. Sa suprématie religieuse, dans les temps postérieurs, n'est attestée que par la prétendue lettre de Dinoot, qui est, nous l'avons vu, un faux notoire. En faveur d'une antique suprématie de Menevia, le siège du très populaire saint David, on a argué de l'expression archescob qu'emploient les lois de Howell Dda (xe siècle), pour désigner le titulaire de ce siège2. Mais, comme à la page suivante de ce code il est fait mention de plusieurs archesgyp gallois 3, il est probable que le terme était purement honorifique et ne signifiait point archevêque, au sens que l'on attache actuellement à ce mot. Les Annales Cambriae donnent, de leur côté, à Elbod, évêque de Bangor, le titre Rarchiepiscopus, et la Chronique des princes de Gwent décore le même personnage du titre d' archescob 4 ; pourtant je ne sache pas que Bangor ait jamais prétendu au rang de métropole. Le chauvin Asser, qui écrivait vers 893, est le plus ancien auteur qui appelle archiepiscopus, en latin, l'évêque de Menevia5. Au xne siècle, les prétentions de ce siège au titre de

1. La Borderie, H. Br., I, p. 278.— C'est déjà l'opinion de Rice Rkes, An Essay on the Welsh Saints, London, 1836, p. 244.

2. Aneurin Owen, Ancient Laws and Institutes of Wales, London, 1841, p. 164.

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