Vers 667. — Pardessus, II, p
îi. Pardessus, II, p. 138. S. Orner souscrivit à cette charte. 6. P. L., LXXX, 483-484. — Cf. Grùtzmacher, art. Mônchtum dans la Realencyclopaedie f. prot. Théologie u. Kirche, t. XIII, p. 231.
Chose curieuse, dans les cas qui précèdent, ce sont les évêques gaulois eux-même, imbus des principes irlandais, qui travaillent à l'œuvre d'émancipation monastique. Il s'en trouva cependant quelques-uns qui résistèrent à l'impulsion partie de Luxeuil : de ce nombre fut saint Ouen de Rouen, qui s'appliqua à fermement maintenir l'ancienne discipline dans son diocèse *.
S 3. — La primatie d'Armagh.
Les origines de la primatie d'Armagh sont fort obscures. Sans admettre les circonstances légendaires dont Muirchu et, à sa suite, d'autres biographes de saint Patrice, entourent la création de ce centre ecclésiastique, on peut croire que l'apôtre des Irlandais fonda réellement là, vers l'an 444 2, un double établissement monastique, l'un au pied de la colline de Mâcha, l'autre à son sommet, sur une terre à lui offerte par Daire, chef puissant, peut-être même roi d'Oriel 3.
D'après la tradition, Patrice, entre toutes les églises par lui constituées, chérit particulièrement Armagh. C'est là qu'il aurait passé les dernières années de sa vie et qu'il aurait fixé son siège épiscopal 4.
Les successeurs de Patrice, comme évêques occupant le siège d'Armagh ou bien comme abbés placés à la tête du monastère de ce lieu, émirent la prétention d'exercer sur toute l'Irlande une suprématie censée dérivée de saint Patrice lui-même. Il est difficile de
1. Cf. Hàuck, Kirchengeschichtc Deutschlands, Leipzig, 190i, t. I, p.