‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 184 sur 301 · Muirchu, p. 295; Liber Angeli, Tr. L., p · texte numérisé non relu

Muirchu, p. 295; Liber Angeli, Tr. L., p

dire quelles furent réellement les visées de Patrice à cet égard. Les pouvoirs des archevêques, métropolitains et primats étaient encore mal définis et très flottants en Occident, au milieu du ve siècle1. Durant son séjour dans le sud de la Gaule, le saint avait sûrement entendu parler de la primatie d'Arles, qui était alors l'objet de vives discussions. Mais une telle conception primatiale, conditionnée par une situation politique toute spéciale, n'aurait eu en Irlande aucune raison d'être. C'est évidemment sur un autre plan que Patrice dut organiser son église2.

Au xiie siècle, l'origine patricienne de la primatie d'Armagh ne faisait aucun doute. Saint Bernard écrit dans sa Vita Malachiae que c'est par respect et honneurpour Patrice que, dès le principe, non seulementles évêques et les prêtres d'Irlande, mais même les rois et les princes se soumirent au métropolitain de cette ville, où il reposa après sa mort. Notons que saint Bernard erre lorsqu'il place à Armagh le lieu de la sépulture de Patrice, ce que ne fait même pas le Liber Angeli, l'ouvrage le plus ouvertement favorable aux intérêts du siège primatial. Giraud de Cambrie affirme, de son côté, que l'apôtre de l'Irlande fixa à Armagh son siège; dont il fît une quasi-métropole [quatn etiam quasi metropolin consiituit) et le lieu propre de la primatie de toute l'Irlande. Toutefois, à la page suivante, il émet une assertion qui peut sembler difficile à concilier avec celle-ci : Archiepiscopi vero in Hibernia nulli f itérant, sed tantum se epicopi invicem consecrabant donec Johannes Papiro, romanae sedis legatus, non multis rétro annis hue advenitz. La légation du car-

1. VoirE. Lesne, La hiérarchie èpiscopale, Lille et Paris, 1905, i™ part., ch. i;3« part., ch. si.

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