Vita Malachiae, x (P. L., CLXXXII
3. Giraud, Topographia Hibernica, m, 16, éd. Dimock, p. 161. — Gi-
dinal Paparo en Irlande date des années 1151 et
Il faut remonter plus haut pour recueillir des notions un peu moins sommaires sur le rôle et les pouvoirs du successeur de Patrice. A partir du vne siècle, il se produit un courant d'idées favorable à l'établissement ou à la consolidation des privilèges d'Armagh1. Tirechan s'employa à cette œuvre en recherchant à travers l'Irlande toutes les églises qui devaient leur origine à l'apôtre national. L'ensemble de ces églises constitua ce que l'on appela la parochia Patricii2, sur laquelle les successeurs de l'apôtre revendiquèrent les droits que nous verrons tout à l'heure. Les notes additionnelles à Tirechan attestent le même désir de travailler à la confirmation des intérêts de la
racd, op. cit., p. 162-163. — Le titre d'archevêque désigna d'abord les patriarches ou les primats. 11 ne commença d'être donné en Gaule aux simples métropolitains qu'au concile de Soissons de "44 (Tiiomassin, Ane. et nouv. discipline de l'Église, Paris, 1725, t. I, col. 218). Auparavant le métropolitain était appelé episcopus comme les autres évêques (À. Marignan, Études sur la civilisation française, t. I. p. 171). En Irlande l'expression ardescop devait avoir un sens analogue à celui que nous avons reconnu au mot gallois archescob (évèque d'une réputation éminente). Voir la préface de l'hymne de Fiacc(7Y. L., p. 404 et 641). Elle est employée dans A. Q. M., pour désigner S. Patrice (s. a. 457 et 493) et s. Ailbe d'Emly (s. a. 541). Depuis la mort de S. Patrice jusqu'à S. Malachie, ces annales ne l'appliquent jamais à \ard-coarb de Patrice (cf. R. King, A Memoir, p. 16). Fland Febla, abbé-évéque d'Armagh (f 702), est appelé suiepseop (sage-évêque) dans le Câin Adamnain (éd. Kunû Meyer, p 28). Le Liber Angeli (voir plus loin) nom -ne S. Patrice archiepiscopus Hibernensium et son successeur tantôt archiepiscopus (p. 353), tantôt episcopus (p. 355). Cogitosus donne également le titre d'archiepiscopus à Conlaed, évèque de Kildare (Vita Brigidae, vin: A. Sanct. Bol., t. I de février, p. 141). Ce qui va plus directement à rencontre de l'affirmation de Giraud, c'est l'adresse d'une lettre de Grégoire VII (1073-1085) ainsi libellée : Terdelvacho inclyto régi Hiberniae, archiepiscopis, episcopis, etc. (Usher, A Discourse of the Religion anciently professed by the Irish and Brilish; Works, t. IV, p. 321).
i. Le pape ,iean IV, écrivant au clergé du nord de l'Irlande, en 640, nomme en premier lieu, dans l'adresse de sa lettre, Tomianus (Bède, H. E., h, 19), personnage qui n'est autre que le Tommene, évèque d'Armagh, dont les A. U. placent la mort en 660. 2. Tirechan, p. 311-312. Cf. Burt, Pat., p. 249.
Parochia et au prestige de la « ville apostolique ' ». La Vie tripartite de saint Patrice est animée des mêmes préoccupations. Mais entre tous les textes favorables à l'extension des droits et privilèges de l'église d' Armagh le plus important, le plus caractéristique est assurément le Liber Angeli, composé au vin* siècle et inséré dans le Livre d' Armagh 2. Le nom de Livre de l'Ange lui vient de ce qu'il fait intervenir un envoyé céleste qui annonce à Patrice de la part de Dieu les privilèges singuliers conférés à lui personnellement et, après lui, à son siège : « Le Seigneur t'a donné toutes les nations des Scots in modum paruchiae ainsi qu'à ta ville que les Scots appellent dans leur langue Ardd Mâcha ». Une révérence toute spéciale est due au pontife de cette église. Par privilège et en vertu de l'autorité suprême du souverain pontife fondateur, sa supériorité s'exerce sur toutes les églises et tous les monastères d'Irlande. Ce texte règle encore la façon dont le successeur de Patrice doit être reçu au cours de ses visites et indique quelles peines frappent ceux qui se rendent coupables de dommages soit envers lui, soit envers sa maison, soit envers sa paroisse. Toute cause difficile ou que les juges d'Irlande seraient incapables de juger doit être portée au tribunal de « l'archevêque des Irlandais ». Que si celui-ci, avec l'aide de ses sages, ne s'estime pas compétent, l'affaire sera déférée au Saint-Siège. Enfin le Liber Angeli parle d'un tribut à percevoir au profit d' Armagh dans toute l'étendue de la parochia.
On peut, à l'aide de ces divers documents et surtout de ce dernier, se faire une idée approximative de