‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 191 sur 301 · Can. t>(C.E. D., II, p · texte numérisé non relu

Can. t>(C.E. D., II, p

•2. Sur les palliatae ou velatae, consulter /. K., xlv, 10, 12, 13. — J'estime que l'interprétation de M. Salmon {The Ancient Irish Church, p. 131), qui traduit velato capite ambulare par prendre le voile au sens d'entrer au couvent, est inexacte.

.'{. Thomassin, Ancienne et nouvelle discipline, Part. 1, 1. II, ch. LXiet lxv, éd. de Paris, 1725, t. I, p. 901, 922-923.

gées de quitter la maison de l'époux. On se rappelle que les saints irlandais du premier ordre ne fuyaient pas la société des femmes, quia super petram Christi fundati, ventum tentationis non timebant* . Saint Léon, qui écrivait précisément, de son côté, à l'époque même où fut rédigé notre canon irlandais, recommande même aux ministres de l'autel de ne pas renvoyer leurs femmes, mais seulement de transformer en liens spirituels l'union charnelle d'autrefois. Sidoine Apollinaire, également un contemporain, devenu évêque de Clermont, ne bannit pas sa femme de la maison épiscopale2.

Avant d'arriver à l'exposé des preuves positives de l'observation du célibat ecclésiastique dans les chrétientés celtiques, il nous reste encore à renverser un dernier argument adverse. Robert King ayant dressé, dans son ouvrage sur les origines de la primatie d Armagh, àl'aidedes Annales des quatre Maîtres, une liste des abbés de Lusk de la fin du vm° siècle à l'an 927, constate qu'une succession en ligne directe dans la charge d'abbé fonctionna là pendant presque tout ce laps de temps. Par exemple, Conall (-j- 784) succède à son père Crunmhael. Après Conall la charge abbatiale échoit à son frère, Colga(-f-787). Cormac, fils de Conall, devient, en 796, son quatrième successeur. Moynagh (•}• 805), fils de Colga, lui succède; et ainsi de suite. D'où King conclut résolument que, bien que moines, les abbés de Lusk étaient mariés 3. Moines, ils ne le furent probablement en aucune manière. Nous sommes tout simplement ici en présence d'abbés séculiers, de pseudo-abbés. La coutume irlandaise voulait que le coarb ou successeur du fondateur d'une abbaye fût toujours pris dans la pa-

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