R. King, A Memoir, etc., p
rente du fondateur ' . Les abbés étant astreints au célibat, le successeur était pris dans les lignes collatérales. Mais si dans les lignes collatérales il ne se rencontrait aucun moine capable de devenir abbé, Y ecclesiastica progenies venant à faire défaut, la plebilis progenies, c'est-à-dire les membres séculiers de la famille du coarb, mettaient souvent la main sur le gouvernement de l'abbaye, et c'est ainsi que s'établissait une succession en ligne directe d'abbés laïques 2.
Ce n'est pas là une pure conjecture. Saint Bernard dit expressément que tel fut le sort du monastère de Bangor. Tel fut également celui de plusieurs autres monastères d'Irlande et du pays de Galles, d'après Giraud le Cambrien 3. Si les Annales ne mentionnaient pas le caractère laïque des coarb, c'est que la famille en possession de la succession était puissante et n'eût pas supporté que l'annaliste notât l'infraction commise par elle à la discipline de l'Eglise4.
Il y avait aussi un évêque à Lusk. Les Annales mentionnent, entre 731 et 927, six évoques de Lusk, mais il n'y a pas trace pour eux de succession en ligne directe 5. L'évêché d'Armagh, au contraire, tomba, au xie siècle, aux mains des laïques. 11 arriva, dit saint Bernard avec une ironie attristée, que la famille qui exerçait son ingérence sur ce siège « manqua parfois de clercs mais jamais d'évèques ». Huitpseudo-évêques gouvernèrent successivement l'église d'Armagb avant Celsus, le prédécesseur de saint Malachie. Tous ces
1. The Ancient Laws and Institutes of Ireland, t. III, p. "3, "S. — Joyce, S. H., I, p. 324 3-25. — Cf. Vacamdard, Vie de S. Bernard, 2' éd., Paris, 1897, t. II, p. 365.
2. W. Reeves, On ihe early System of Abbatial Succession in the Irish Monasteries [Pr. R. I. A.,\i, 1857, p. 447). — Cf. S&ene, Celtic Scotland, II, p. 67-69.
3. Giraud, Itinerarium Cambriae, n. i [Œuvres, t. VI, p. 1 20-121).