‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 194 sur 301 · Cf. Du Cvnge, s. v · texte numérisé non relu

Cf. Du Cvnge, s. v

\. Poenit., éd. Seebass, Zeit. /'. Kirchengeschiehte, xiv, p. 444; P. L., l.X XX, 226.

femme un enfant après son ordination, n'était pas considéré comme moins coupable qu'un individu entré tout jeune dans la cléricature et non marié qui aurait eu un commerce coupable avec quelque femme. Colomban assimile même au péché d'adultère la faute du clerc marié. Qu'on ne dise pas que ce pénitentiel écrit sur le continent reflète imparfaitement l'état de la discipline insulaire, car Colomban ayant, dans sa lettre à saint Grégoire, l'occasion de parler de diacres gaulois marries coupables d'avoir repris leur femme, dit que la gravité de cette faute et son assimilation à l'adultère sont des points de morale professés par les maîtres irlandais1. Nous sommes d'ailleurs en mesure d'indiquer la source du pénitentiel de Colomban, c'est celui de Finnian, qu'il reproduit presque à la lettre, et dont ne diffère guère non plus le texte de Cummian2.

Telle fut la loi ecclésiastique en Irlande aux vie et vne siècles ; telle elle demeura dans la suite. La forte culture ascétique qui prévalut, pendant la période d'épanouissement du christianisme, dut rendre fort rares les infractions à la loi du célibat. On sait quel triste relâchement s'introduisit, aux xe et xie siècles, dans les mœurs des clercs. Mais il ne paraît pas que les chrétientés celtiques aient été désolées, dans les plus sombres siècles, par d'aussi déplorables excès.

Pourtant on lit dans la chronique des princes de Gwent, sous l'année 961, que les prêtres de Llandaff ayant été requis de ne pas prendre femme sans la permission du pape, il s'ensuivit une telle agitation dans le diocèse de Teilau, qu'il parut préférable de permettre aux prêtres le mariage3. Qui donna cette

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