‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 201 sur 301 · H. Zimmer, Nennius vindicatus, Berlin, 1893, p · texte numérisé non relu

H. Zimmer, Nennius vindicatus, Berlin, 1893, p

2. Wh. Stores, The Colloquy of the two Sages (R. CeL, XXVI, 1903, p.4sq). —Du même, Irish Riddles {Celtic Review, i, p. 132-135).— Cf* Klso Meyer, R. Cel., xni, 1892, p. 220. — E. Miller, Glossaire grec-latin de la bibliothèque de Laon (Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque nationale, t. xxix, 2« part., p. 212). — W. Schmitz, iV. A., xv, p. 197. — Sur les langages secrets, voir : 1" John Sampson, Tinkers and their Talk {Journal ofthe GipsyLore Society, n, 1890, p. 204-220) ; 2° Kx.no Meyer, On the Originand the Age of Shelta (ibid., h, 1891, p. 231-266) ; 3° K. Meyer, The Secret Languages of Ireland [ibid., nouv. série, a, 1909, p. 241-246).

3. Ms. H. J. iv, 11, fol. 106' (xe siècle). — Cf. Wh. Stokes, On a mediaevalCryptogram [Academy du 23 juillet 1892, p. 71-78); J. Luth, Etude sur le cryptogramme de Bamberg (R. Cel., xit, 1893, p. 332).

4. Personnage identifié par J. L. Heiberg {Bulletin de l'Académie royale de Copenhague, octonre-déc.1839, p. 199-201) avec le roi Mervyn Vrych (-j-844); mais l'identification avec un autre Mermin vivant vers 818 nous parait préférable. Cf. H. Zimmer, Nennius vindicatus, p. 3.

présence du roi Mermin. Mais nous, Cainchomrac, Fergus, Domnach etSuadhar, sommes parvenus, avec l'aide de Dieu, à lire ce texte. En voici la signification (suit l'explication du système cryptographique). Si nous prenons la liberté de t'adresser ces chétives explications, ô prudent et excellent Colgu, notre très docte maître, sache que ce n'est pas que nous supposions que tu en aies besoin ; mais nous te supplions de vouloir bien instruire charitablement de ceci ceux de nos compatriotes ignorants et simples qui songeraient à traverser la mer de Bretagne, afin qu'ils n'eussent pas à rougir en la présence de Mermin, glorieux roi des Bretons, s'il leur arrivait de ne pouvoir pas comprendre cette écriture... » J'ai tenu à citer une bonne partie de cette lettre, vraiment typique dans sa forfanterie naïve, pour la mentalité qu'elle laisse deviner non pas seulement chez une personne, mais chez quatre ou cinq.

Le goût de l'effort intellectuel et des recherches laborieuses apparaît encore dans une jolie pièce de vers en vieil irlandais dont le sujet est un parallèle entre l'auteur, homme d'étude en même temps que poète, et son chat, qui a nom Pangur Ban * :

« J'aime à rester — [c'est] mieux que toute gloire — près de mon petit livre, avec diligente science : Pangur Ban n'est pas envieux de moi, il aime son art juvénile... »

« [Chose] extraordinaire quelquefois pour des artifices d'exploits héroïques : une souris se trouve dans son filet; pour moi [ce qui] tombe dans mon filet, [c'est] un devoir difficile, d'une explication ardue. »

« Lui, il s'emporte (?) contre l'enceinte du mur, son

1. Cette pièce se trouve dans le Cod. xxv. d/186 du monastère de Saint-Paul de Carinthie, fol. 1 (vine/ix« siècle). Éditions : 1° Windisch, Irische Texte, 1. 1, p. 316; 2° avec trad. angl., Thés. Pal., II, p. 293-294. Trad. allem. de Stem, Z. C. P., vi, 1908, p. 534-555. Trad. française dans R. Cel., v, 1881-83, p. 129. C'est cette traduction que nous donnons ici.

œil plein d'obscurité : moi, je m'emporte (?) contre la sévérité de la science, mon œil clair, quoiqu'il soit très faible. »

« Lui, joyeux — allant bien vite. — où il y a une souris dans sa patte ; où je comprends une question difficile, agréable, quant à moi, j'y suis joyeux. »

« Quoique nous soyons ainsi tout le temps, l'un ne déserte pas l'autre; chacun de nous deux aime son art, s'y amuse tout seul. »

« C'est lui-même qui est le maître de la mode qu'il suit chaque jour ; proposer une difficulté pour être résolue, voilà ma mode à moi. »

Les débats sur la question pascale obligèrent les Irlandais à se livrer à l'étude de l'astronomie, de la chronologie et du comput ecclésiastique. Nous avons déjà mentionné le traité astronomique de Dicuil et, ailleurs, les ouvrages apocryphes que produisit la controverse pascale. Un Scot nommé Dungal, interrogé par Charlemagne sur la prétendue double éclipse solaire de l'année 810, lui répond par une dissertation plus remarquable par sa latinité que par sa doctrine scientifique '. Quelques travaux de computistes irlandais se sont conservés 2. D'après une note d'un manuscrit de Wurtzbourg, Mosinu Mac Cumin ou Sillan, scribe et abbé de Bangor, mort en 610, appelé par l'Antiphonaire de Bangor famosus mundi magister 3 , aurait appris, le premier en Irlande, le comput d'un sage grec et l'aurait retenu de mémoire, jusqu'à ce que son disciple, Mocuoros Mac Cumin Semon, confiât cette science à l'écriture *. « Il s'agit du comput, il est

i. M. G., Epist., IV, p. 570-585.

2. Cod. lat. 14 456, loi. 8-4G de Munich; Cod. 59 de Nancy, tous deux du ixe siècle.

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