Éd. Wakren, t, I, fol. 36v et p. x
4. Ms. Mp . th. f. CI de Wurtzbourg, fol. 29 (vuie/ix° siècle). Cf. G. Shkpss, Die âltesten Evancjelienhanclschriften der Wûrzbv.rgtr Bi-
vrai, observe M. Roger à ce sujet, mais ce Grec avait pu transmettre à Mosinu Mac Cumin d'autres connaissances. Qui pourrait affirmer que ce fait ait été unique A ? » Ceci nous amène à parler de ce que l'on a souvent présenté comme le trait vraiment caractéristique de la culture irlandaise ancienne, à savoir une connaissance supérieure de la langue grecque.
Il faut se garder ici des exagérations et des anachronismes. Ce n'est pas avant le ixe siècle que l'on rencontre parmi les Irlandais des hellénistes sérieux. On signale, il est vrai, chez Columba, chez Colomban, chez Adamnan, quelques héllénismes ; on remarque que Colomban sait que lona en hébreu a le sens du mot grec 7cspiarepa et du latin columba. Adamnan fait la même constatation 2. Mais sont-ce là, je le demande, des indices suffisants pour conclure qu'on apprenait couramment le grec et l'hébreu à lona et à Bangor, ou que « tous les moines qui participèrent à la fondation de Luxeuil devaient savoir le grec 3 » ? Non, assurément. De ce que Muirchu, le biographe de saint Patrice, a fait un emprunt aux Antiquités judaïques de Flavius Josèphe et s'est inspiré, à en croire un auteur, d'Apollonius de Rhodes 4 ; de ce que Cummian cite dans son De controversia paschali, un écrit placé sous le nom de saint Cyrille, s'ensuit-il davantage que ces écrivains aient pratiqué ces auteurs dans l'original? Nous savons pertinemment que le soi-disant traité de saint Cyrille est un traité apocryphe écrit en latin par
bliothek, Wùrzburg, 1887, p. 27, et W. Sanday, Byzantine Influence in Ireland (Acidemy du 1er sept. 1888, p. 137-138).