Université de Baie, A, VII, 3. — Arsenal, N
:; Miller, op. cit., p. 118 sq. — Psautier de l'Arsenal, N° 8407, fol. 66. Cf. Traire, 0 Roma Nobilis, p. 343 et 355.
l'Irlande, atteste la connaissance de la langue grecque *. Enfin une collection de proverbes, appelée Proverbia graecorum, répandue en Irlande aux vmeet ixe siècles, fut, croit-on, traduite en latin, dans les pays insulaires, dès avant le vne siècle 2.
Mais, de tous les érudits irlandais qui furent mêlés au mouvement de la renaissance carolingienne, nul ne posséda mieux le grec que Jean Scot Erigène. Il a composé des vers en cette langue 3 et l'on sait qu'il traduisit en latin — notons-le, toutefois, après un séjour d'une dizaine d'années en France — les œuvres du Pseudo-Denys l'Aréopagite, lesquelles, jusque-là, n'avaient pas pu trouver en Occident de traducteur compétent. Il s'acquitta si bien de ce travail qu'Anastase le Bibliothécaire, lui-même, écrivit à ce sujet à Charles le Chauve, le protecteur de Jean : « Mirandum est quomodo vir ille barbarus, in fïnibus mundi positus, talia intellectu capere in aliamque linguam transferre valuerit 4 ». Il est permis de croire que l'arrivée en Angleterre de Théodore, archevêque de Canterbury, qui était de Tarse en Cilicie, et de son compagnon Hadrien (vers 670), qui avait reçu une éducation grecque, ne fut pas sans influence sur les progrès réalisés, au ixe siècle, dans la culture du grec en Irlande b.
Il ne faudrait pas croire que ce goût plus ou moins prononcé pour les études anciennes ait eu pour résultat de diminuer chez les Irlandais du haut moyen âge l'attachement à la langue et à la littérature nationales. En