Cf. H. d'Arbois, R. Cel. .ix, 1888, p
4. H. J. Lawlor, Chapters on Die Book of Mulling, Edinburgh, 1897, p. 170.
vie du livre de Lismore, Patrice est comparé tour à tour aux plus illustres personnages des deux Testaments1. Le livre de Leinster renferme, sous cette rubrique : Hic incipiunt sancti qui erant bini unius mom, une liste comprenant le patriarche Job, les Apôtres et les Evangélistes, la sainte Vierge, les grands ermites, des moines, des papes et les docteurs de l'Eglise, avec, en regard de chacun de ces noms, celui du saint irlandais qui mérite de lui être associé à cause d'une ressemblance quelconque2. Il va sans dire que la ressemblance est souvent arbitraire. Dans cette liste sainte Brigide est associée à la Vierge Marie. Par une fantaisie qui passe toutes les bornes, l'abbesse deKildare, non seulement était comparée à Notre Dame, mais elle était communément quasi identifiée avec elle. On l'appelait la « Marie des Gaëls ». Broccan, dans une hymne à sa louange, la nomme « la mère de mon céleste roi ». Et on lit, non sans stupéfaction, dans l'hymne de Bithmaith cette strophe : « Qu'elle (Brigide) extirpe de nous les vices de la chair, elle, la branche fleurie, elle, la mère de Jésus3 ».
L'exceptionnel destin d'Elie et d'Enoch a extrêmement frappé l'imagination celtique. Il est maintes fois fait allusion à eux dans les prières, les écrits eschatologiques et autres ouvrages'. Suivant une doctrine plusieurs fois exprimée, ces deux personnages mènent
■1. Lismore, p. 165-166.
2. Fac-similé du livre de Leinster par Robert Atkinson, Dublin, 1880, p. 370. Cf. Lismore, p. 298-299.