Éd. Wb. Stores (Anecdota Oxoniensia), Oxford
6. Cf. r. THCRHKirsEN, Saltair na Rann <R. Cel., vi, 1883-85, p. 103-
documents du moyen âge, précisément afin d'arriver à reconnaître quels livres apocryphes ont anciennement circulé en Grande-Bretagne *. Les Apocryphes ont été, en effet, les principaux véhicules, en Occident, de ces noms bizarres d'anges dont la superstition populaire s'est emparée avec enthousiasme, dans les îles comme sur le continent 2. Les conciles ont condamné, mais en vain, les formules d'incantations, les conjurations ou les prières dont la vertu était censée dépendre de quelques-uns de ces noms magiques 3. Grands amateurs de prières étranges et mystérieuses, comme aussi de formules magiques et de tout ce qui sort du commun, nos Celtes ont fait un accueil empressé à cette angélologie extra-canonique. M. James signale les noms suivants : Urihel, Rumihel, Phanuihel dans une prière du Livre de Cerne '' ; Uriel, Raguel, Heremiel, et Azael, dans un recueil de prières écrit au ixe siècle par une main irlandaise 5; enfin Axai, dans YAmra (ou éloge) de saint Columba 6. D'autres documents celtiques contiennent des noms différents. Nous relevons, dans une prière aux archanges pour chaque jour de la semaine, Sariel, l'archange du jeudi, et Panchel, celui du samedi 7 ; dans La langue toujours nouvelle, SairieletPanitibh8; dansle SaltairnaRann, Sarmichiel,
1. Narnes of Angels in Anglo-Saxon and other Documents (J. T. S., XI, 1910, p. 569-571).
2. Voir notamment le texte d'une formule de conjuration jointe au missel de Bobbio, publiée par Boucherie dans la Revue des langues romanes, v, 1874, p. 103 sq., et l'invocation usitée par l'imposteur Aldebert, en 745 (Jaffé, Monumenta Mogv.ntina, p. 145).
3. Conc. de Laodicée, 35 (Maxsi, Concil., II, 569-70). — Décret dit de Gélase [ibid., VIII, p. 15-2).