Ibid
4. Dans les Texte und Untersuchungen d'HARKACR et Schhidt, XXXIV, 1, Leipzig, 1909, p. 3 sq. — Cf. Bcry. Pat., p. 245.
5. YY. D. Killen, The Ecclesiastical History of Ireland, London, 1875, 1. 1, P- 87; Usher, Works, t. III, p. 193-200: t. IV, p. 971.
dans les préoccupations religieuses des insulaires ' .
On se rend compte par YHibernensis, par le livre d'Armagh, par un manuscrit irlandais des Epîtres de saintPaul de Wurtzbourg, enfin pArleCollectaneum de Sedulius, que le commentaire de Pelage sur les Epîtres de saint Paul était lu et utilisé en Irlande aux vme et ixe siècles. Marianus Scottus de Ratisbonne en fait même encore usage en 1079 pour annoter les Epîtres copiées «pour ses frères les étrangers2 ». Est-ce à dire que l'hérésie pélagienne ait eu des fauteurs en Irlande durant tout le haut moyen âge? Il n'y paraît pas. Saint Colomban croit à la nécessité de la Grâce3, et, sauf Jean Scot, qui tout en déclarant y croire également, a cependant tendance à en amoindrir le rôle, on ne remarque aucun écart de doctrine sur ce point chez les docteurs d'outre-mer. Un commentaire succinct surlasérie complète des Epîtres pauliniennes était, on le comprend, fort apprécié en ce temps-là. Or, en fait de commentaires de cette sorte, le choix était très limité. En dehors de celui de Pelage, on ne disposait que de l'Ambrosiaster, le Pseudo-Jérôme et le Pseudo-Primasius n'étant, eux-mêmes, tout simplement que des recensions du commentaire de Pelage.
Il est vrai que, dans une lettre adressée en 640 au clergé du nord de l'Irlande pour l'exhorter à adopter la Pâque orthodoxe, le pape Jean IV, au témoignage de Bède, recommandait par surcroît aux Scots de repousser l'hérésie pélagienne, laquelle, d'après certains rapports, revivait parmi eux1. Les Scots qui s'obstinaient
1. Voiries références dans notre article Celtiques {liturgies), $ vni, 8 ; Rites funéraires, du Dictionnaire deD. Cabrol.
•2. Cf. H. Zimmer, Pelagius in Irland, Berlin, 1901, p. 24-39, 112-113, 136-158.