Ep. IV, 4 (P. L., LXXX
4. Bède, H. E., ii, 19 (P. L., XCV, 113-114). — Il n'y a pas lieu de tenir compte d'un texte tardif de la seconde passion de S. Kilian de
à suivre leur vieux style pascal n'étaient guère en faveur à Rome1. Il est bien possible que le seul fait de se servir du commentaire de l'hérésiarque pour étudier saint Paul ait donné naissance aux bruits qui parvinrent aux oreilles du pape. De l'usage de son commentaire on aura conclu à l'adoption par ses lecteurs de toutes les erreurs de Pelage. Pourtant, je le répète, il est absolument faux de se représenter le pélagianisme comme l'hérésie traditionnelle, endémique des Celtes, soit Irlandais soit Bretons.
Qui voudra pénétrer plus avant dans la connaissance des dogmes professés par les Eglises celtiques devra encore se reporter aux formules du symbole consignées soit chez les auteurs, soit dans les livres liturgiques2. Mais indépendamment des doctrines exposées par les théologiens ou impliquées dans la liturgie, il faudrait, de plus, pour pénétrer dans tous les replis de la mentalité religieuse des Scots, ou mieux de leur religiosité, explorer le fonds très riche de croyances superstitieuses déposé dans les âmes, suivre dans leurs fantaisies ces poussées folles de l'imagination celtique, qui «s'est fatiguée à prendre ses songes pour des réalités et à courir après ses visions infinies ». La littérature eschatologique est particulièrement abondante et curieuse3. De tout temps, le Celte s'est plu à réfléchir sur l'au-delà. Voici, pour finir, quelques échantillons de ces excroissances du sentiment religieux sur les choses d'outre-tombe.
Wurtzbourg qui procède de Bède. Cf. M. G., S. S. R. M., V, p. 723. note 6. — Voir, par ailleurs, les excellentes considérations faites, au sujet du prétendu pélagianisme irlandais, par M. H. Williams dans Z. C. P., IV, 1903, p. 536-538.
1. Voir le Laterculus imperatorum romanorum Malalianus (Jf. G., Auct. ant., XIII, p. 426-427; P. L., XCIV, 1163-1164).
2. Â..BAUH, Bibliothek der Symbole, Breslau, 1897, §§ 76etsuiv., 209, 226.
3. Ch.de Pélice, L'autre monde : mythes et légendes; le purgatoire de S. Patrice, Paris, 1906, p. 171-187.
Les âmes, après la mort, prennent parfois la forme d'oiseaux *. Les damnés souffrent tantôt de l'excès de chaleur, tantôt de l'excès de froid 2. L'auteur du De tribus habitaculis, lui-même, soutient cette doctrine en l'appuyant sur ce texte de Job: Ad nimium calorem transeat ab aquis nivium et usque ad inferos peccatum illius3. La Vision d'Adamnan dépeint la multitude des damnés enfoncée dans un limon très noir jusqu'à la ceinture. Des capuchons de glace leur sont imposés sans fin, tandis qu'à leur ceinture la morsure alternée du chaud et du froid ne cesse de les tourmenter. Pourtant un répit de trois heures est accordé à l'enfer, chaque dimanche4. Quant au Jugement, une opinion courante prétendait que tout fils d'Érin jouirait du privilège de comparaître devant saint Patrice, siégeant, au jour des assises suprêmes, au côté du Christ 5.
S 6. — Les Scots et la renaissance carolingienne.
Il n'y eut peut-être pas, durant le moyen âge, dans l'Occident continental, de période plus barbare que celle qui s'écoula depuis le commencement du vu8 siècle jusque vers 750. Les études classiques et ecclésiastiques étaient tombées en pleine décadence. C'est à peine si
1. Les deux chagrins du royaume du ciel, éd. G. Dottin, R. Cet., xxi, p. 377. — Cf. R. Cel., II, p. 200. — Boswell, An Irish Precursor of Dante, p. 46, 160, 16-2-163, 174.
2. Vita Brendani,iS, éd. Moran,p. 22. — Visio7i d'Adamnan, éd. BosfiELL, p. 40, éd. Vendryes, p. 373. — Poème sur le jour du jugement, str. 14, éd. O'Keeffe, Ériu, m, p. 29-33, etc.