‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 230 sur 301 · De trib. hab., h (P. L., XL, 993). Job, xxiv · texte numérisé non relu

De trib. hab., h (P. L., XL, 993). Job, xxiv

4. Ed. Boswell, p. 43. cf. p. 160, 161. — Voir l'histoire de la croyance aux répits accordés aux damnés chez ArturoGraf, Miti, leggendee superstizioni del medio evo, Torino, 1892, 1. 1, p. 241-270.

5. Tr. L.. p. 30-31; Hymne de Fiacc, str. 26 etc. — Cf. H. Thurston, St Patrick's Pétitions (Month, nov. 190-;, p. 539-543). —Cette croyance fait encore partie du fireside-lore irlandais.

les laïques les plus instruits, à quelques exceptions près, savaient lire et écrire. Les clercs, médiocrement habiles dans les lettres latines, méprisaient la langue nationale, encore tout informe, et ignoraient totalement la langue grecque. Charlemagne comprit la nécessité d'améliorer cet état de choses. Pour y parvenir, il appela en France des maîtres étrangers : les Italiens Pierre de Pise, Paulin, Paul Diacre, l'Espagnol Claude, les Anglo-Saxons Alcuin, Sigulf, Witton et Fridugise. Dès les environs de l'an 782, deux Irlandais venaient compléter ce groupe académique, l'un s'appelait Clément (il ne faut pas le confondre avec l'hérétique du même nom), l'autre, plus difficile à identifier, fut, soit l'un des Dungals, soit Joseph le Scot. Le passage des Gestes de Charlemagne où se trouve racontée l'arrivée de ces deux étrangers est bien connu ' . Qu'il nous suffise d'en rappeler les traits essentiels : ils sont pittoresques et caractérisent bien l'époque et les gens dont nous nous occupons. Les deux Scots débarquent en compagnie de marchands bretons. Leur science, tant sacrée que profane, s'est vite fait apercevoir; ils se présentent, eux-mêmes, comme des marchands ; ils vendent de la science à qui en veut acheter2. Charlemagne, apprenant leurs dispositions, s'empresse de les faire venir au palais et leur demande à quelles conditions ils consentiraient à faire bénéficier de leur savoir la jeunesse de France. Ils ne se montrent pas exigeants, en hommes à qui manque le nécessaire : le vivre et le couvert leur suffirait et, avec cela, des élèves dociles3. Clément demeura donc comme

1. Gesta Karoli Magni, i, i {M. G., S. S., II, p. P. 131; L., XCVIII. 1371-1373).

2. « S» quis sapientiae cupidus est, veniat ad nos et accipiat eam. •

3. « Loca tantum oportuna et animos ingeniosos, et sine quibus peregrinatio transigi non potest, alimenta et quibus tegamur. »

professeur à l'école du palais. Charlemagne étant mort, Louis le Pieux le maintint dans ses fonctions. Il ne les abandonna que pour aller mourir à Wurtzbourg, près du tombeau de saint Kilian. Son compagnon fut envoyé en Italie ; il professa au monastère de Saint- Augustin à Pavie.

Rappelons les noms des principaux savants irlandais qui prirent part à l'œuvre de rénovation littéraire poursuivie par les Carolingiens, et indiquons les centres d'études d'où leur influence rayonna particulièrement1.

Ce Joseph le Scot, dont il vient d'être question comme du compagnon hypothétique de Clément, fut un ami et disciple d'Alcuin. Il nous reste de lui des poésies adressées à son maître et à Charlemagne2. Il composa, en outre, nous l'avons vu, un commentaire sur Isaïe.

Les Dungals — car il est maintenant à peu près reconnu qu'il y eut plusieurs personnages de ce nom en France et en Italie sous Charlemagne et ses successeurs 3 — sont plus célèbres. Traube a distingué cinq individus de ce nom, tous Irlandais. L'un, qui nous est connu par Alcuin, est évêque; l'autre est l'auteur de la lettre à Charlemagne sur la prétendue double éclipse solaire de l'année 810. Lui aussi, comme Clément, avait sans doute bien besoin de troquer sa science contre ce sans quoi peregrinatio transigi non potest, car il crie sans cesse misère. On croit pouvoir l'identifier avec le re-

1. Le mémoire de M. William Turner, Irish Teachers inthe Carolingian Revital of Learning (The Catholic University Bulletin de Washington, xni, 1907, p. 38-2-399 et 562-581) est la meilleure étude sur le sujet. — Voir aussi E. Renan, Les études classiques au moyen âge pendant la période carolingienne dans Mélanges religieux et historiques, Paris, 1904, p. Sftï-iM.

2. Alcuin, Epistolae(M. G., Epist., IV, p. 32, 33, 40, H9, 483). — M. G., Poet. lat., I, p- 149-

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