‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 23 sur 301 · Bède, H. E., i. 15 (P. L., XCV · texte numérisé non relu

Bède, H. E., i. 15 (P. L., XCV

5. Strat-Cluyd est, d'après M. J. Loth. une mauvaise graphie : il faut écrire Strat-Clut, Clut = Clota (cf. R. CeL, xxii, 1901, p. 111)

fin du ixe siècle leur indépendance contre ces redoutablesvoisins. D'autres populations bretonnes se maintinrent sur les terres de l'ancienne Cumbria, au sud des précédents. Mais c'est dans le pays de Galles, dans la Cornouaille anglaise et dans notre Armorique que les croyances, les traditions etla langue bretonnes trouvèrent leur plus sûr asile et se perpétuèrent le plus longtemps.

Dans les pays voisins de ces principaux retranchements des Celtes insulaires, les éléments celtique et saxon se mélangèrent à des doses variables. Les progrès de la linguistique ont révélé, dans les territoires qui ont formé les comtés de Somerset, Gloucester et Cumberland, l'existence d'une population mixte que l'on pourrait appeler Anglo-Celte *.

Telle est la répartition sur le sol des Iles Britanniques des différentes fractions du monde celtique dans les temps voisins de leur conversion au christianisme. Avant de décrire les croyances païennes de ces divers groupements ethniques, il est bon d'indiquer les traits principaux de leur organisation politique et sociale.

§ 2. — Organisation politique et sociale des anciens Irlandais.

En Irlande, les familles se groupaient en clans, les clans en tribus. Un ensemble de tribus formait une province. Il y avait primitivement cinq provinces : Leinster, Est-Munster, Ouest-Munster, Connaught et Ulster. Au 11e siècle de l'ère chrétienne, il se forma une nouvelle province, celle de Meath. Le nombre des pro-

1. Cf. J. Loth, dans R. Cel., xx, 1899, p. 340-342; xx\. 1908, p. 287, et dans Y Hermine du 20 août 1909, p. 208.

vinces ne changea pas cependant, car il n'y eut plus qu'une province de Munster '.

A la tête de chaque tribu, comme à la tête de chaque province, était un roi. Les rois de tribus étaient soumis à l'autorité du roi de la province, lequel reconnaissait l'autorité du roi suprême de toute l'Irlande. Ce dernier avait plusieurs résidences ; mais son palais principal était à Tara, dans le Meath. La dignité royale semble avoir été élective, bien que le roi dût être choisi parmi les membres d'une seule famille princière. Au temps de la venue de saint Patrice, le roi suprême était Loégaire Mac Niall.

Le roi suprême, traîné sur son chariot, visitait les territoires des rois secondaires pour y prélever des tributs ou des otages. Il avait droit, lors de son passage, ainsi que les gens de sa suite, à une hospitalité somptueuse. Ces tournées s'appelaient le libre « circuit » du roi2.

Au-dessous des rois venaient, dans la hiérarchie sociale, les nobles qui possédaient la terre. Par ailleurs la tribu comprenait trois autres classes d'hommes : les cultivateurs non libres, les fermiers libres et les fermiers possédant des troupeaux et des meubles 3.

La justice était rendue par les file ou par les brehons. Les premiers cumulaient les fonctions de devin, satiriste, conteur d'histoires avec celle de juge. On croit que l'Irlande païenne possédait déjà un système de lois écrites, qui fut revisé après la conversion chrétienne. Le code ainsi revisé reçut le nom de Senchus Môr ou grand recueil d'antiquités *.

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