Bède, H. E., m, 3, 27 (P. L., XCV
3. Nennics, Hisl. Brittonum,c. 15.— Vita Samsonis, i(A. Sanct.Bol., t. VI de juillet, p. 582).
4. Vita S. Cadoci, 7 (Rees, Cambro-british saints, Llaadovery, 1853, p. 36).
5. Ep. 280 {M. G., Epist., IV, p. 437). & M. G., S. S., II, p. 731.
grands la philosophie, elle a rempli l'Eglise de sa science et de sa doctrine 1 ».
Au ixe siècle, la malheureuse Erin est la proie des Vikings. Ses monastères sont saccagés, ses moines dispersés, ses grandes écoles désertées. Les étudiants étrangers, jadis si nombreux, restent dans leurs patries ; les maîtres irlandais sont réduits à abandonner la leur, ne pouvant plus vivre de leur savoir dans l'île bouleversée. A la vérité, l'exode des savants avait commencé avant le début des incursions danoises, mais ces tristes événements, joints à l'accueil empressé à eux fait par les princes carolingiens, en augmentèrent singulièrement l'intensité. « Voici que l'Irlande presque entière, méprisant la mer et ses dangers, écrit Heiric d'Auxerre, vers l'an 866, se transporte sur nos rivages avec la troupe de ses philosophes. Plus un Scot est instruit et habile, plus il se décide volontiers à cet exil, qu'il sait répondre aux vœux d'un nouveau Salomon 2. »
En voilà assez pour apprécier, en tenant compte d'ailleurs du ton oratoire de la plupart de ces témoignages, en quelle estime les étrangers avaient la science irlandaise à son plus beau moment.