‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 239 sur 301 · Tr. L., p · texte numérisé non relu

Tr. L., p

Un fragment placé à tort sous le nom de Gildas, et qui fut rédigé probablement au vne siècle, est, à peu près, le seul texte qui nous renseigne sur la liturgie des Bretons. Il nous apprend que les usages romains, notamment relativement à la messe, n'étaient pas en faveur parmi eux : Britones toti mundo contrarii, moribus Romanis inimici, non solum in missa, sed in tonsura etiam ' . La réponse de saint Grégoire le Grand à saint Augustin de Canterbury, que l'on semble décidément tenir pour authentique 2, montre que les usages liturgiques bretons étaient déjà, au vie siècle, par conséquent au temps de Gildas, Cadoc et David, fort différents des usages romains.

C'est probablement à partir du vne siècle, époque à laquelle l'Irlande du sud adopta la Pâque romaine, que la liturgie irlandaise commença à s'enrichir d'éléments romains. A apprécier ces questions d'origines liturgiques d'après les rares textes dont nous disposons, il semble bien, tout compte fait, que ce soit la Gaule qui a exercé la première et la principale influence sur la formation des liturgies insulaires, et que l'Eglise bretonne ait dû, à son tour, agir assez puissamment sur le développement des rites irlandais. L'étude intrinsèque des textes liturgiques ne conduit pas à une conclusion différente.

S 3. — La Messe.

Gildas reproche aux prêtres bretons de célébrer trop rarement le saint sacrifice 3. Il semble qu'il ne se célé-

1. C. E. D., I, p. 112 113. Voir sur la date la note de la p. 108.

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