Catholic Encyclopaedia, art. Celtic Rite
30i LES CHRÉTIENTÉS CELTIQUES.
La rubrique irlandaise Lethdirech sund ;un demidévoilement ici) et la rubrique latine Hic elevalur linteamen de calice, qui figurent, l'une et l'autre, dans le même missel, avant l'Evangile, paraissent signifier que l'on commençait par découvrir en partie le calice et les oblats, en enlevant probablement un premier voile, le dévoilement complet (landirech) n'ayant lieu qu'à l'offertoire. On chantait alors trois fois Dirigatur domine..., puis on élevait ensuite l'un des voiles du calice, après quoi l'on répétait trois fois également la formule : Veni, Domine, sanctificator omnipotens et benedic hoc sacrificium praeparatum tibi. Amen.
L'offertoire comprenait les rites et formules suivants : 1° dévoilement complet du calice [landirech sund) ; 2° Ostende nobis, domine, misericorer (sic) salutare tuumdabis sic , avec la rubrique lercanitur; 3° Oblata domine munera sanctificata nosque a peccatorum nostro[rum] maculis emunda, per dominum.
Un traité sur la messe en langue irlandaise, composé au xe ou au xie siècle, se rencontre dans deux recensions différentes : 1° à la suite du missel de Stowe (fol. 65- 67); 2° dans le Leabhar Breac (p. 251 du facsimilé) '. D'après la recension du manuscrit de Stowe, une élévation du calice avait lieu pendant la susdite oraison Oblata. D'après la recension du Leabhar Breac, une élévation du calice et de la patène lorsqu'on chantait ces paroles : Immola Deo sacrificium laudis, qui se retrouvent aussi dans un fragment liturgique irlandais de Plaisance 2.
l. Éd. du traité de Stowe Thés. Pal., II, p. 232-235, du traité du Leabhar Breac, par Wa. Stok.es dans la Zeittchrift fur vergl. Sprachforshung, xxvi, 1882, p. 497-519. — Les deux traités ont aussi été édités par Mac Cauthy, op. cit., p. 245-203.
S. Éd. Basnistei.. J. T. S., v, p. 07 et 73.
Une oraison qui vient ensuite dans le missel de Stowe * prouve que la lecture des diptyques des morts se faisait à ce moment, conformément à l'usage hispano-gallican, tandis que le mémento des vivants avait lieu, comme maintenant, après l'oraison Te igitur du canon. Il était suivi de la recommandation de diverses classes de personnes et de la mention des grâces à obtenir.
Les traités irlandais sur la messe, dont il vient d'être parlé, donnent quelques détails intéressants sur les rites de la consécration : « Quand on chante Accepit Jésus panem, le prêtre s'incline jusqu'à trois fois en signe de repentance. Il offre le pain et le vin à Dieu, et le peuple se prosterne. Que nul son ne se fasse alors entendre de peur de le troubler, car il ne faut pas que son esprit soit détourné de Dieu durant cette prière; c'est pour cela qu'on l'appelle peviculosa oratio2. »
Le pénitentiel de Cummian inflige une pénitence de cinquante coups au prêtre coupable d'avoir bronché une fois en prononçant la periculosa oratio A. Le pénitentiel attribué à Gildas nous fait croire que le mot periculum était parfois écrit dans la marge des missels, pour éveiller l'attention, en regard des paroles de la consécration ''. Le traité du Leabhar Breac parle de la récitation du psaume Miserere par les prêtres (célébrant ou assistants?) au moment de la consécration 5. Suivant les deux traités, le célébrant faisait alors trois pas en avant et trois pas en arrière, « triade qui rappelle les trois manières dont l'homme pèche, à