‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 255 sur 301 · Marg. Stores, E. C. A. /., p · texte numérisé non relu

Marg. Stores, E. C. A. /., p

Le baculus d'un saint célèbre était précieusement conservé. En Galles et en Ecosse, on prêtait serment sur lui, comme sur une relique *. Les troupes, marchant au combat, l'arboraient ainsi qu'un palladium 2.

Pour éviter les détériorations et les risques de perte, la garde en était confiée à un clan, à une famille, généralement à la plebilis progenies du saint, qui devait transmettre héréditairement le précieux dépôt à sa descendance 3. C'est ce qui explique comment tant d'anciens bâtons pastoraux se sont conservés jusqu'à nos jours dans les lies Britanniques. Quelques-uns des frustes bâtons de bois primitifs furent enjolivés par la suite, garnis d'or et d'argent, enchâssés en des crosses de bronze, conformément aux goûts des âges postérieurs, quelquefois même ornés de gemmes. Mais ces crosses tiennent encore de la canne primitive. Leur courbure, au lieu de s'enrouler, s'aplatit par le bout et tombe verticalement. Le collet et la tête de la crosse étaient divisés en petits compartiments rectangulaires ou losangeaires remplis, le plus souvent, de filigranes \

Le plus célèbre de ces bâtons fut longtemps celui de saint Patrice, le Bachall Isa, ainsi appelé d'après une légende qui voulait que le saint l'eût reçu des mains mêmes de Notre-Seigneur 5. 11 fut brûlé, comme objet de superstition, au moment de la Réforme (1538) 6.

Le musée des Antiquités d'Ecosse, à Edimbourg, le

1. Ghuid, Itiaerarium Cambriae, i, 1, éd. J. F. Diraock, Opéra, t. IV, p. 17-18; Breviarium Aberdonen.se, t. II, in festo S. Servant, fol. xvi.

Page 1