‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 26 sur 301 · Dottin, Manuel, p · texte numérisé non relu

Dottin, Manuel, p

niens et les Irlandais, d'avoir pratiqué la polygamie et la communauté des femmes, et même de n'avoir pas reculé devant l'inceste *. Dans la littérature épique de l'Irlande on trouve, en effet, plus d'un roi incestueux2. La plupart des rois sont gloutons, voleurs, batailleurs et très débauchés. Il semble que ce fût une coutume reçue que dans leurs « circuits » les rois allassent jusqu'à user de la femme de leur hôte 3. Certains auteurs ont encore ajouté à cette sombre peinture morale l'accusation d'anthropophagie, qui, toutefois, serait, elle, d'après quelques critiques modernes, irrecevable4.

Les anciens Scots et Bretons étaient extrêmement belliqueux. Pour un tribut impayé ou indûment perçu, pour des troupeaux volés, pour une susceptibilité de point d'honneur, une tribu partait en guerre contre une tribu voisine, une province contre une autre province : de telle sorte que l'état de guerre était à peu près permanent. Les femmes elles-mêmes prenaient part aux hostilités 5. Ce n'est que vers la fin du vne siècle qu'Adamnan,abbé d'Iona, aurait obtenu pour les Irlandaises l'exemption du service militaire 6.

Dans les assemblées, dans les banquets, l'étiquette devait être scrupuleusement observée. En Galles comme en Irlande, on se montrait fort ombrageux sur les

1. César, v, 14, 4. — Cf. Elsèbe, Praep. Evang., vi, 10 (P. G., XXI, 472). — Dion Cassius, lxxvi (lxxvii), 12, 2. — Stragon, iv, 5, 4. — Jérôme, Adv. Jovin., II, 7 (P. L.. XXIII, 29b).

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