‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 268 sur 301 · R. Allen, C. A., pi. en lace de p · texte numérisé non relu

R. Allen, C. A., pi. en lace de p

3. Planche dans VArchaeological Journal, x, 18, en face de la p. 291.

4. Ibid.,elR. Salin, Die allgermanische Thierornamentik, fig.727, 729.

5. J. 0. Westwood, On the distinclive Character of the varions Styles of Ornamentation employed by the early Brtish, Anglo-Saxon and Irish Arlists {Archaeological Journal, x, p. 28(h; F. M. Unrer, La miniature irlandaise, son origine et son développement (R. Cel., i, 1870, p. 15).

à Kildare, au cours de son voyage d'Irlande, un manuscrit enluminé. « Ce livre, dit-il, qui contient les quatre Evangiles, offre presque autant de figures diverses et diversement coloriées que de pages. On y voit la face de la majesté divine divinement représentée, les symboles mystiques des Evangélistes portant six, quatre ou deux ailes. C'est l'aigle, c'est le bœuf, c'est le visage de l'homme et la tête du lion, d'autres figures encore en nombre presque infini. A regarder superficiellement et comme à la dérobée ces peintures, on est plus frappé de leurs défauts que de leur beauté, et nulle subtilité ne se remarque dans cet art, où cependant tout est subtil. Que si, au contraire, on fixe attentivement le regard sur ces pages et que l'on s'attache à en scruter minutieusement les arcanes, on aperçoit des entrelacs si délicats et si subtils, si ténus et si serrés, si entrecroisés et entremêlés et d'un coloris si frais, que ces beautés semblent plutôt attribuables à la diligencedes anges qu'à une main d'homme. Plus de fois et plus attentivement je considérais ces merveilles, plus mon étonnement redoublait et plus j'éprouvais le désir de les admirer encore et encore 1 . » Voici maintenant l'appréciation d'un paléographe qui a passé une bonne partie de sa vie à étudier les manuscrits irlandais et anglo-saxons, John Obadiah Westwood : « J'ai examiné pendant des heures à la loupe les pages des évangéliaires de Lindisfarne et de Kells, sans y découvrir une ligne fausse, un entrelacs irrégulier. Quand on considère qu'une foule de ces dessins consistent en spirales et que telle est leur ténuité qu'il est impossible que l'artiste ait pu faire usage du compas, on se demande quels yeux et surtout quels instruments il a fallu pour exécuter de tels pro-

1. Giraud, Topographia Hibemica, a, 38, Opéra, t. V, p. 123-124.

diges. Voici qui donnera une idée de la minutie de détails de cette ornementation : dans l'espace d'un dessin du livre d'Armagh mesurant à peine deux centimètres de long sur six millimètres de large, je n'ai pas compté moins de 158 entrecroisements d'un mince ruban formé de lignes noires et blanches serpentant sur un fond noir4. »

En traduisant ces lignes je me rappelle avoir lu, dans la marge d'un manuscrit irlandais du British Muséum2, ces mots tracés par le scribe en lettres extrêmement fines, à peine lisibles à l'œil nu : « Si je l'avais voulu, j'aurais pu écrire tout le traité comme cela ». Puis le goût étrangement prononcé des Celtes du moyen âge, mais particulièrement des Irlandais, pour les choses ésotériques et compliquées, pour les énigmes, pour la cryptographie, pour le rare et le singulier, me reviennent à l'esprit, et je me demande si, en fin de compte, le désir détonner le vulgaire par des tours de force prodigieux n'a pas été le principe générateur de tout leur système esthétique. Si telle fut leur ambition, on voit qu'ils sont arrivés à leurs fins.

4. Westwood, Onthe distinct iveCharacler {Arch. Journ., x, p. 278). -2. Kvangéliaire de Maelbrlgte (Ms. Harl. 1802, fol. 50r).

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