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Les Scandinaves dans la Bretagne continentale

La première agression normande en Bretagne Armoricaine fut celle qui entraîna le sac de Nantes en 843 2. Cette ville fut, dans la suite, plusieurs fois réatta-

1. Walafrid Strabon, Vita S. Galli, h, 4i (M. G., S. S., II, p. 30).

2. Sur les invasions normandes en Bretagne, voir La Bouderie, H.Br., II, p. 73 sq.

quée et pillée par les coureurs de mers , notamment en 853 et en 886. A partir de l'an 870, la vallée de la Loire et celle de la Vilaine reçoivent d'incessantes visites de l'ennemi. Le littoral nord de la péninsule n'est pas épargné. Hasting prend possession de l'île de Batz, et ravage, de 878 à 882, Tréguier et Dol. Le roi Alain le Grand parvient à remporter enfin une importante victoire sur les envahisseurs en 888; mais, lui mort (907), rien n'arrête plus leur audace conquérante.

En 913 ou 914, l'abbaye de Landévennec est détruite. Les moines s'enfuient avec le corps du fondateur, saint Guénolé, et se fixent à Montreuil sur la Canche '. « En l'an 919, écrit le contemporain Flodoard, les Normands dévastent toute la Bretagne située dans la corne de la Gaule, au bord de la mer; ils l'écrasent, ils la détruisent; ils vendent, ils enlèvent ou ils chassent tous les Bretons2. » Il se produisit, en effet, durant le second quart du xe siècle, des exodes fort importants de Bretons hors de leur patrie, exode des nobles, exode des moines, exode des corps saints. Seuls ceux que la Chronique de Nantes appelle les pauperes Britanni demeurèrent attachés à la glèbe sous la domination Scandinave3.

Beaucoup de Bretons passent en Angleterre. Les rapports entre Armoricains et Anglo-Saxons paraissent avoir été fréquents et amicaux du ixe au xie siècle. Alfred le Grand (871-901) envoie des présents aux monastères de la péninsule et accueille des Bretons à sa cour'. C'est auprès de son petit-fils, Athelstan (924-

1. J. Loth, La date de la destruction de Landévennec par les Normands (An. Br., vin, 1893, p. 492-493).— Comte Régis de l'Entourbeillon, Itinéraire des moines de Landévennec fuyant les invasions normandes, Saint-brieuc, 1889.

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