The War of the Gaedhil..., p
3. A. Nctt, chez K. Meyer, The Voy âge of Bran , p. 121-125. — H. Buadshvw, Collected Papers, p. 479.
s'il fut réellement composé par le prince-évêque de Cashel, qui fut tué dans une bataille en 907, — prouve que les sources du savoir n'étaient pas taries pour tous * . Le biographe de Sulgen, évêque de Saint-David's (-f- 1091), qui écrivait vers l'an 1100, rapporte même que son héros fit le projet d'aller suivre, conformément à l'antique coutume, les leçons des maîtres irlandais, dont il vante encore le savoir2.
Quant au monachisme, il était certes bien déchu de son ancienne splendeur. Toutefois, il serait excessif de croire avec saint Bernard que, avant les réformes de saint Malachie et l'introduction des Cisterciens en Irlande, les moines n'étaient plus connus dans l'île autrement que par le souvenir des institutions du passé 3.
Il se produisit un profond affaissement de la foi et de la moralité. A la suite de la prise d'Armagh par Thorgest, le culte de Thor fut établi dans la cité sainte. Le pays tout entier fut replongé dans une barbarie à peine moins épaisse qu'avant la venue de Patrice. Le mot « barbare » revient à chaque instant sous la plume de saint Bernard pour qualifier le peuple dont saint Malachie eut à réformer les mœurs, peuple « plus bestial qu'humain... chrétien de nom, mais en fait purement païen * ».
Une cinquantaine d'années plus tard, Giraud le Cambrien épuise les plus sombres couleurs pour dépeindre la dégradation irlandaise : gens spurcissima, gens vitiïs involutissima, gens omnium gentium in fidei rudimentis incultissima*. On sait que l'impartia-
i. Éd. W[h.] S[tokes], Three IrishGlossaries, London, 1862, et avec une trad. angl. de J. O'Donovan, Sanas Chormaic, Cormac's Glossary, Calcutta, 1869.