Ibid
s.'. Bern., Vita Mal., x (P. L., CLXXXII, 108").
Cork, Rathmaighc, Ardfert (Deisgirtj, Limerick, Killaloe, Emly, Kilkenny, Leighlin, Kildare, Glendalough et Ferns, relèveraient de l'archevêque de Cashel. Armagh conservait sa primauté d'honneur sur toute l'Eglise d'Irlande, et Dublin demeurait rattaché à la province de Canterbury1.
Gillebert avait fait mention du pallium dans son De statu ecclesiae, encore que, de son temps, et assez longtemps même après lui, cet insigne ait été inconnu en Irlande. C'est saint Malachiequi,en 1139, prit l'initiative des démarches pour le faire octroyer aux métropolitains insulaires. Grâce à saint Bernard, son biographe et son ami, aucune figure, aucune vie de ces temps ne nous sont mieux connues que celles de Malachie2.
Il naquit à Armagh, en 1094 ou 1095, dune famille distinguée. Un reclus, qui vivait dans cette ville, nommé Imar, le forma à la piété et l'orienta vers la vie ecclésiastique. A vingt-cinq ans il fut ordonné prêtre par Celse, archevêque dWrmagh. A trente et un ans il fut appelé, malgré ses vives résistances, sur le siège épiscopalde Connor. Grandes étaient la barbarie, l'ignorance, la dégradation de ses ouailles. Avec un zèle extrême il s'appliqua à réformer les mœurs et à restaurer la liturgie, le chant, la discipline ecclésiastique. Mais,
1. Les actes de ce concile ne nous sont connus que par Keatikg, Fo ras Feasa an Eirinn, i. II, sect. xxvm (éd. Dinneen, t. III, p. 299), qui les rapporte d'après le vieux livre, aujourd'hui perdu, des Annales de Clonenagh. — Sur les fausses identifications de ce concile avecd'autres assemblées ecclésiastiques, sur sa date et ses travaux, voir Lanigan, An ecclesiastical history of Ireland, t. IV, p. 42-44, et H. J. Lawlor, dans les notes complémentaires à l'ouvrage de Stokes, Ireland and the Celtic Church, p. 37-2-373.
2. Le en. xxix (S. Malachie O'Morgair) du t. II de la Vie de S. Bernard par M. E. Vacandard (Paris, 2« éd., 1897) nous a beaucoup servi pour éclaircir et coordonner les données de la Vita Malachiae. Ce chapitre avait paru sous une forme un peu plus ample dans R. Q. H. lu, 1892, p. 1-57.
une révolution ayant éclaté dans l'Ulster. l'évêque fut contraint d'abandonner son église et de s'enfuir vers le sud. C'est alors qu'il fonda le monastère d'Ibrach (Kerry). Quelques années auparavant, il avait déjà trouvé le moyen de restaurer l'antique monastère de Bangor. Rien n'attirait plus Malachie que les exercices de la vie d'ascète et la discipline cénobitique. * L'archevêque Celse étant mort sur ces entrefaites (1129j, le siège d'Armagh tomba entre les mains d'intrus. On appelait un libérateur : tous les regards se portèrent vers Malachie, que Celse mourant avait du reste désigné pour son successeur. Conquérir ce siège était une rude entreprise, où l'on risquait même sa vie. 11 fallut plusieurs années de luttes pour en chasser les illégitimes possesseurs. Une fois maître de la situation et après avoir rétabli l'ordre dans la métropole et occupé pendant trois ans seulement ce poste éminent, Malachie donna sa démission (1137). 11 se retira dans son ancien diocèse de Connor, qu'il partagea en deux circonscriptions, conformément à l'ancien état de choses et aux dispositions de Rathbreasail , laissant la plus importante au titulaire actuel du siège , et se réservant la moindre, avec la bourgade de Down pour résidence1.
Bien loin de demeurer oisif dans cette retraite, ce fut alors que le prélat prit le plus résolument en mains les intérêts générauxdel'Eglise d'Irlande. Deux points le préoccupaient spécialement : le premier était de voir confirmer par le Saint-Siège l'érection du siège de Cashel au rang de métropole; le second d'obtenir le pallium tant pour son successeur, l'archevêque d'Armagh, que pour le nouvel archevêque du sud, au cas où le Saint-Siège consentirait à reconnaître ce dernier.