Cf. I.A.NIGAN-. Op. Cit., p
C'est pour soutenir cette double requête que Malachie fit, en 1139, le voyage de Rome.
A l'aller, il séjourna à Clairvaux. La foi très vive, la grande bonté, le désintéressement, la simplicité du saint pasteur conquirent immédiatement le cœur de saint Bernard , qui écrira plus tard avec émotion : « Il m'a donc été donné de voir cet homme. J'ai joui de sa vue et de sa parole, et, tout pécheur que je suis, j'ai trouvé grâce devant ses yeux. Nos frères et lui se sont édifiés mutuellement, il nous a donné place au fond de son cœur1. »
Malachie fut également accueilli avec une grande bienveillance par le pape Innocent II. La confirmation de la métropole de Cashel fut accordée sans difficulté2. Quant à la question des palliums, le pape demanda que la chose fût au préalable examinée soigneusement dans un concile national. Que si tout le clergé d'Irlande était d'accord pour solliciter cette faveur, elle serait concédée. Pour donner à Malachie un gage manifeste de sa bienveillance, Innocent lui conféra, avant de le congédier, la légation de llrlande, fonction que Gillebert vieilli se sentait désormais incapable de remplir avec fruit.
On ne voit pas ce qui mit obstacle à la réunion du concile demandé par le pape. Sept ans s'écoulèrent avant sa convocation. Il se tint enfin en 1148 à Inispatrick. Cinquante évêques et deux cents prêtres s'y réunirent. Il y fut décidé que le légat se rendrait de nouveau à Rome pour rappeler à Eugène III les engagements d'Innocent II relativement aux palliums3.
En qualité de légat Malachie se remit immédiatement en route. Comme la première fois, il voulut