‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 42 sur 301 · Camden, Britannia, Londini, 1594, p · texte numérisé non relu

Camden, Britannia, Londini, 1594, p

2. An old Iristi Treatise de Arreis, éd. K. Meyer, R. Cel., xv, 1894r p. 488 et 497. — Outre le canon cité ci-dessus à propos despythonisses, deux autres te\tes canoniques irlaudais condamnent la sorcellerie. L'un est le canon 16 du synode des évèques Patrice, Auxilius et Iserninus (C. E. D., II, p. 329), l'autre est le livre lxiv de la collection Ribernensis (J. A'., p. 230-232),

3. Voir ÀLHtED Nutt, The Celtic Doctrine of Re-birth, London, 1897.

4. Léon Mariller, La doctrine de la réincarnation des âmes et les dieux de l'ancienne Irlande [Revue de l'histoire des religions, xl, 1899, p. 86 et 90).

la conception païenne de l'Elysée celtique. Cet Elysée, terre de bonheur, de jeunesse et d'immortalité, est situé tantôt dans une ou plusieurs îles lointaines, vers l'Occident, tantôt sous terre, dans le royaume des fées, tantôt sous les vagues de l'océan. Quelle que soit sa situation, cette région reçoit les noms les plus riants : terre de jeunesse, terre des vivants, pays de promission, grande plaine, plaine joyeuse. Les paysages y sont admirables, les arbres et les oiseaux merveilleux. On y entend une musique enchanteresse; on s'y nourrit de mets succulents et inépuisables. L'esprit et les sens y sont pareillement rassasiés1. Ce n'est pas là, comme certains le croient, un séjour pour les morts, comparable à l'Hadès des Grecs2. C'est le pays des dieux, des fées, des immortels. Quelques mortels privilégiés y sont admis vivants, et, dès leur arrivée à la terre d'éternelle jeunesse, ils sont revêtus d'immortalité.

Etant donné le caractère exceptionnel de cette participation des humains à la vie immortelle des dieux, faveur qui n'apparaît pas, d'ailleurs, nous le répétons, comme la récompense d'une vie terrestre remplie de bonnes œuvres, on s'est demandé si les Celtes des îles crurent, comme les Gaulois et les Indo-Européens en général, à l'immortalité de l'àme3. M. P. W. Joyce et Miss Eleanor Hull soutiennent que non4. Au contraire, suivant les celtistes et mythologues français d'Arbois de Jubainville, Dottin et Mariller, la doctrine de l'immortalité de l'âme aurait été généralement admise

1. Joyce, S. H., I, p. 293-296. — J. A. Mac Cclloch, Celtic Abode ofthe Blest dans VEncyclopaedia of Religion and Ethics de James Hastings, Edinburgh, 1909, t. Il, p. 689-696.

2. Eleanor Hull, The Idea of Rades in Irish Literature (Folklore, xviii, 1907, p. 191-165».

3. Voir les textes anciens cités chez Dottin, Manuel, p. 238-259.

Page 1