De excidio, i, 7, 23 (P. L., LXIX
par les armées ennemies, dut déserter les « lieux saints1 ».
On a mis en question l'orthodoxie de l'Eglise naissante de Grande-Bretagne relativement au dogme trinitaire. Il est vrai que les évêques insulaires présents à Rimini signèrent, comme leurs confrères du continent, la regrettable formule homœousienne dictée par l'empereur. Mais ce fut là de leur part surprise momentanée. Ils ne tardèrent point à revenir à la foi de Nicée, que, un an seulement avant le concile, saint Hilaire de Poitiers les félicitait de professer fidèlement, s'étant maintenus « indemnes de toute contagion de la détestable hérésie [arienne]2 ». En 363, saint Athanase, de son côté, range toujours la Bretagne parmi les nations demeurées fidèles à la doctrine catholique3. Gildas et le Vénérable Bède, le second se fiant aux dires du premier, ont donc grandement exagéré l'influence de l'arianisme dans leur pays4.
D'autre part, on a prétendu que le baptême des Bretons était irrégulier et sans effet, attendu qu'il était administré sans l'invocation des trois divines personnes3. Cette thèse est inacceptable. Elle s'appuie, comme nous le montrerons plus loin, sur des textes qui ne concernent point les Bretons.
A la fin du ive siècle il se produisit des dissentiments assez graves parmi les évêques d'Outre-Manche, si bien que saint Victrice, évêque de Rouen, fut obligé
1. Eddics, Vita Wilfridi, xxi, dans The Uistoriansof the Church of York, éd. J. Raine, R. B. S., London, 1879, p. 23. — Voir une discussion des mots loca sancta dans le Diction, d'arch. chrét. et de liturgie de Dom Cabrol, fasc. xv, col. 1162.