‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 48 sur 301 · Athanase, Ad Jov. imperat. {C. E. D., I, p. 7 et · texte numérisé non relu

Athanase, Ad Jov. imperat. {C. E. D., I, p. 7 et

4. G.ldas, De excidio (P. L.. LXIX, 338-339Ï. - Bède, H. E., 1, 8 (P. L., XCV, 35).

3. Fred. C. Conybeark, Tlie Character of the Heresy in theEarly Brilish Church {Tr. S. Cym., 1897-<», p. 84-117). — Zimmek, C.C., p. 4-6.

de passer la mer pour rétablir la paix parmi eux. On ignore si ces dissentiments eurent pour origine des démêlés théologiques'.

Ce qui mit vraiment en péril l'intégrité de la foi, ce fut la diffusion, dans les chrétientés bretonnes, de l'hérésie de Pelage, dans la première moitié duve siècle.

S 2. — Le Pélagianisme et les missions de saint Germain.

Pelage naquit en Grande-Bretagne, probablement de parents scots, c'est-à-dire irlandais2. Il quitta son île pour venir habiter Rome, au plus tard sous le pontificat d'Anastase (399-401), peut-être dès la fin de celui de Damase (j 384) 3. Ce n'est qu'une fois arrivé dans la Ville éternelle qu'il se mit à professer les erreurs sur la grâce, dont Rufin le Syrien lui avait inculqué le germe.

D'après Paul Orose, Pelage était de petite naissance et d'une culture peu soignée, ce qui l'aurait obligé à

1. Victrice, De laude Sanctorum, i, 2 (P. L., XX, 443). Cf. Vacasdakd, Saint Victrice évêque de Rouen, Paris, 1909 (Les Saints), p. 126-127.

2. S. Aigcstis (Ep. 186, n. 1 : P. L., XXXIII, 816), Pacl Orose {Liber Apol., 12 : Corp.Scr. eccl., V, 610), Prosper d'àocitaine (Carmina contr. zngr.,i :P. L., LI, 94), contemporains de Pelage, font de lui un Breton. — Sur la descendance de parents scots voir J. B. Blry, The origin of Pelagius (Hermathena, xxx, 1904, p. 296) et A. Solter, The Commentary of Pelagius... (Proceed. of the British Academy, II, tir. à p. [1907], p. 2). Pour prouver cette descendance, ils allèguent le texte bien connu de S. Jérôme, Com. in Jer., i (P. L., XXIV, 758..

3. Maries Mercator, Liber subnolationum in verba Iuliani, Praefatio, 2 (P. L., XLVlII, Hl). — Dans la préface du 4e livre de son Com. in Jerem., S. Jérôme parle de son ancienne amitié avec un homme qui devint plus tard ■ un très orgueilleux hérétique ». Si ceci s'applique à Pelage, comme Jérôme quitta Rome pour l'Orient très peu de temps après la mort du pape Damase, ce n'est qu'avant cet événement qu'il aurait pu lier d'étroites relations avec le futur hérétique.

recourir plus d'une fois à la plume complaisante de ses amis'. Cependant nous savons qu'il s'exprima aisément en grec à Diospolis2, et saint Augustin, qui, selon la remarque de Tillemont, « a toujours sceu discerner et estimer avec beaucoup de candeur ce qu'il y avoit de bon dans les plus méchans », lui reconnaît un esprit vif, subtil et pénétrant, une âme ardente, voire une certaine réputation de sainteté3.

L'hérésiarque ne revint probablement jamais dans son pays natal. Avant de gagner l'Afrique et l'Orient, il séjourna en Sicile. Un de ses compatriotes, l'évêque Fastidius, qui errait également en Sicile et à Rome, entre 413 et 418, se laissa séduire par ses idées*. Ce n'est pas celui-ci toutefois qui nous est donné comme l'introducteur du levain de l'hérésie en Bretagne, mais un certain Agricola, le fils d'un autre évêque pélagien, Severianus 3. L'hérésie fit chez les Bretons de si rapides progrès que les orthodoxes, ne se sentant plus assez forts pour la combattre par eux-mêmes, demandèrent du secours à l'Eglise de Gaule. C'est alors qu'un synode désigna Germain, évêque d'Auxerre, comme le plus propre à ramener les Bretons pélagiens à l'orthodoxie. Il semble que, sur la demande du diacre Palladius, le pape Célestin ait tenu à confirmer, lui-même, dans sa mission l'évêque choisi. Saint Loup de Troyes lui fut adjoint6. Les deux évêques s'acquittèrent de leur tâche avec un zèle remarquable. Ils ramenèrent beaucoup d'égarés dans le droit sentier.

I. Orose, Liber apologet., 29 (Corp. Scr. eccl., V, 652). -2. Augustin, De gestis Pelagii, 2 (P. L., XLIV, 322).

3. Augustin, De natura et gratta, vi, xxxv (P. L., XLIV, 250, 267). De peccat. merit., h, 25; m, 1 (P. L., ibid., 176, 183-186). — Tillemomt, Mémoires, t. xill, p. 562.

4. Voir D. G. Morin, Le De vita christima de l'évêque breton Fastidius el le livrede Pelage ad viduam (R. B., xv, 1898, p. 481 sq.).

5. Prosper, Chronicon (M. G., Auct. ant., IX. Chr. min., I, p. 472).

6. Prosper, Chronicon; Constance, VitaGermani [C. E. D., I, p. 16-17).

Cette première mission dura de 429 à 431. Mais après le départ des évêques gaulois, l'hérésie releva la tête. Saint Germain fut obligé de repasser une seconde fois la Manche, en 447, accompagné alors de Sévère de Trêves. Le pélagianisme ne survécut pas à cette nouvelle campagne. Gildas, qui écrit au siècle suivant, ne fait en aucune manière allusion à cette hérésie, qui fut pourtant en quelque sorte l'hérésie nationale des Bretons ".

S 3 — Saint Ninian chez les Bretons du nord et chez les Pietés.

A une date inconnue, antérieure au temps où Germain accomplissait sa première mission, un Breton, instruit à Rome dans la foi et les lettres sacrées, traversait la Gaule, puis la Bretagne méridionale, pour venir porter aux populations du nord , Bretons du Strat- Clut et Pietés de Galloway , les lumières de l'Évangile : c'était Ninian2.

Ce saint évêque établit son siège dans la presqu'île de Galloway, en un lieu qui reçut, à cause de l'éclat des pierres qu'il employa pour édifier son église, le nom de Candida Casa 3. C'était une rareté, chez les Celtes, qu'une église de pierre. Longtemps ils se contentèrent de rustiques oratoires faits de planches,

1. On sait que le semi-pélagieu Kauste. abbé de Lérins, puis évêque de Riez (462), était aussi Breton.

2. Les raisons apportées par Varin pour prouver que l'apostolat de Ninian appartient au premier quart du vc siècle, sansélrepéremptoiresme paraissent fort plausibles. Cl. Mémoire sur les causes de la dissidence entre l'Église bretonne et l'Église romaine... (Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des inscr. et belles-lettres, Ve sér., t. V, 2e pari., 1858, p. 117-120).

3. La Vita Niniani, qui rapporte cela (cap. i). est l'œuvre d'Ailred de Eievaulx (f 1166).

de rondins ou de clayonnages. Est-il sûr que saint Ninian, revenant d'Italie, ait visité saint Martin de Tours, de qui il aurait obtenu des maçons pour construire cette église ? C'est ce que nous ne saurions décider. Le détail, vu sa provenance très tardive, est, à tout le moins, sujet à caution1. Cependant, au dire du Vénérable Bède2, le saint évêque aurait tenu à placer son église sous le vocable du grand confesseur gaulois.

Les Pietés du sud convertis par Ninian ne persévérèrent pas dans la foi. Saint Patrice, dans une lettre écrite vers le milieu du ve siècle, les traite déjà d'apostats3. 11 appartiendra à saint Columba et à ses disciples et successeurs, les moines d'Iona et de Lindisfarne, de reprendre l'œuvre de Ninian parmi ces rudes peuplades et d'étendre plus au nord le règne de l'Evangile.

g 4. — Les débuts du christianisme en Irlande avant saint Patrice.

Nous arrivons à l'Irlande. Le christianisme ayant pénétré, aux environs de l'an 400, jusqu'au golfe de Solway et aux bords de la Clyde, il serait surprenant que l'Irlande, si voisine de la Bretagne, fût demeurée, jusque vers 430, privée de toute influence chrétienne. Les relations commerciales des Scots d'Érin avec les Bretons et avec les peuples du continent européen, leurs incursions armées à l'étranger '', les éta-

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