‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 50 sur 301 · Tirechan, ibid... p · texte numérisé non relu

Tirechan, ibid... p

Palladius, ordonné par lui'. L'envoi d'un évêque par Rome en Irlande laisse supposer qu'il existait, dans le pays, des communautés chrétiennes d'une certaine importance.

Cependant ce serait une grave erreur que de prétendre avec Zimmer qu'en l'an 431 l'œuvre de la conversion de l'île était déjà bien avancée 2. Car dans un autre texte, Prosper dit, à la louange de saint Célestin, que ce pape s'appliqua, d'une part, à conserver catholique l'île romaine , faisant ici allusion à la mission anti-pélagienne de saint Germain en Grande-Bretagne et, d'autre part, à christianiser l'île « barbare », c'est-àdire l'Irlande : dum Romanam insulam studet servare catholicam, fecit etiam barbaram christianam 3. La nécessité de christianiser l'île « barbare » des Scots prouve assez qu'elle n'avait encore fait que de bien faibles progrès dans la foi.

C'est, aussi bien, l'impression qui résulte des écrits de saint Patrice. Il montre le paganisme régnant encore en maître dans l'Irlande de son temps, c'est-à-dire dans la seconde moitié du ve siècle4, époque à laquelle il écrit. Il habite, dit-il, parmi les « gentils », au milieu de païens barbares, adorateurs d'idoles et de choses immondes 5.

Il est donc certain qu'avant l'arrivée de Patrice et de

1. Prosper, Chronicon [M. G., Auct. ant., IX. Chr. min., I, p. 472). Scolti, à cette époque, ne peut désigner que les Irlandais (Cf. R. Q. H., l.xxxiu, 1907, p. 537-547).

2. L'auteur montre d'autre part qu'un certain nombre de mots vieiJirlandaisdu vocabulaire religieux ontuneforme qui prouve qu'empruntés aulatin, ils ont été importés du pays de Galles par des missionnaires gallois avant la venue de Patrice (C. C, p. 24-27). Le Rev. James Mac Caffrey a fait des réserves sur cette théorie (Cf. Irish Theological Quarterly, i, 1906, p. 58-62).

3. Prosper, Liber conlra Collatorem, xxi, 2 (P. L., LI. 271).

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