‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 57 sur 301 · Confessio, p · texte numérisé non relu

Confessio, p

4. Patrice parle volontiers de son manque de culture littéraire.

avec la tradition chrétienne. Patrice s'en alla en Gaule; il poussa jusqu'aux îles de Lérins. Ces voyages ne sont o^uère douteux. Dans un diction oui lui est attribué, à bon droit semble-t-il, le saint nous a laissé quelques indications sur ses pérégrinations : « J'ai eu, dit-il, la crainte de Dieu comme guide de mon voyage à travers les Gaules et l'Italie, même dans les îles qui sont dans la mer Tyrrhénienne * ». Et ailleurs il parle du désir qu'il a éprouvé, vers la fin de sa vie, de retourner en Gaule « pour visiter mes frères et voir la face des saints de mon Seigneur2 ».

Notons qu'au ve siècle le golfe Ligystique et même la partie de la Méditerranée qui baigne les côtes de Provence étaient considérés comme faisant partie de la mer Tyrrhénienne, que les géographes semblent confiner aujourd'hui entre la Snrdaigne, la Corse, la côte occidentale de l'Italie et la Sicile. En sorte que, si Ton s'en tient à la géographie du temps, les îles de Lérins étaient bien situées dans cette mer3. Le dit de saint Patrice n'offre donc rien que de très normal.

Le monastère de Lérins avait été fondé en 410 par saint Honorât. Il exerçait déjà une grande attraction sur les âmes religieuses4. Loup, le futur compagnon de saint Germain en Bretagne, était moine de Lérins, vers le temps où Patrice y séjourna 3. Le breton Fauste, le futur évêque de Riez, allait en être élu abbé quelques années plus tard (4331.

1. Tr. L., p. 301. — Sur l'authenticité des deux premiers dicta, voir Bcry, Pat., p. 2-28-233.

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