‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 59 sur 301 · I. Amrroise, Hexameron, III, 5 (P. L., XIV · texte numérisé non relu

I. Amrroise, Hexameron, III, 5 (P. L., XIV

■2. Sur la date de ce voyage de saint Martin consulter la brochure de M. E. Misset, Saint Martin a-t-il menti? Paris, 1906, p. 4-S.

3. Cf. H. n'ARBots de Jurainville, R. Cel., xii, 1891, p. 292 et xvh, 1897, p. 281.

•'<■. MoiRCHP (2V. L., p. -270).

S. Confessio, p. 358. — M. F. R. Montgomery Hitcucock a rapproché

Il est possible qu'Amator ait, sur ses derniers jours, conféré le diaconat à Patrice. Le jeune clerc breton passa, autant qu'on peut s'en rendre compte, plus de quinze ans à Auxerre1. Il put, durant ces longues années, se préparer à loisir à sa mission future. Au retour de saint Germain de Grande-Bretagne, en 431, il dut se renseigner avidement sur la situation religieuse de son pays natal et surtout sur les besoins spirituels de l'île voisine, objet de ses continuelles pensées.

C'est, nous le savons, cette même année (431), que Palladius venait d'être envoyé aux Scots par le pape lui-même. Nous ne savons si Patrice fut mis, dès le principe, au courant de cette mission. Toujours est-il qu'au bout de quelques mois une grave nouvelle lui parvint : Palladius avait à peine commencé ses travaux en Irlande que la mort l'avait emporté. Ce furent deux des disciples du missionnaire défunt qui lui apprirent cet événement2.

Le champ d'action était libre. Les Scots avaient perdu leur premier évêque. Patrice, mûr pour l'apostolat, longuement instruit par les conseils et les exemples recueillis chez les ascètes des îles du midi et auprès des saints évêques gaulois, reçut probablement la consécration épiscopale des mains même de Germain3. Après quoi il se mit en route sans tarder, avec quelques compagnons, vers l'île lointaine où Dieu l'appelait'.

le symbole de saint Patrice de celui de saint Irénée [Hermathena, xiv, 1906, p. 186-192).

1. Voir l'essai de chronologie de saint Patrice proposé par Bit.y, Pat., p. 338.

2. Le lieu où, d'après Muirchu (p. 272), ils rencontrèrent Patrice, Ebmoria, n'a pas encore pu être identifié avec cerlitude.

3. Sur les confusions de Muirchu au sujet des diverses ordinations de Patrice, et sur la probabilité des événements que nous rapportons, voir Bury, Pat., p. 347-349, et Newell, Saint Patrick, his Life and Teaching, London, 1907, p. 43-44.

4. « Christus Dominus qui mihi imperavit ut venirem » [Co7ifessio, p. 370).

S 9. — L'œuvre apostolique du saint.

C'est en l'an 432 que Patrice fit voile vers l'Irlande * . On suppose qu'il débarqua en Leinster, à l'embouchure de la Yartry (anciennement la Dee), non loin de la ville actuelle de Wicklow. Mais il reprit bientôt la mer pour longer la côte orientale, touchant à Inis Patrick, à l'embouchure de la Boyne, et gagner TUlster par le Strangford Lough. Là il convertit un chef puissant nommé Dichu et fonda l'église de Sabhall Patrick, appelée plus tard Saul2.

La conversion d'un roi, d'un chef de clan, était un événement particulièrement heureux. Les foules, entraînées par l'exemple, adoptaient souvent le christianisme à la suite de leurs chefs. Puis, les rois et les nobles étant les seuls possesseurs du sol, eux seuls pouvaient fournir au missionnaire l'emplacement pour construire une église 3. Aussi voit-on Patrice s'appliquer en tout lieu à convertir d'abord les grands.

Nous ne pouvons songer à suivre l'apôtre dans ses multiples pérégrinations à travers l'île. C'est là, d'ailleurs, chose impossible, vu l'insuffisance des données que nous possédons sur ses itinéraires. Les biographes du vne siècle, Tirechan principalement, ont recueilli de précieuses traditions locales sur les pays évangélisés et les églises qui y furent fondées A. 11 n'est pas difficile d'admettre qu'une communauté ecclésiastique ait fidèlement gardé, pendant l'espace de deux siècles, la mé-

1. Chronicon Scottorum, éd. Hennessy {R. B. S.), p. 20-23. — A. U., éd. Hennessy, i, p. 432.

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