Ibid., p
3. La vie de S. Iltut publiée par Rees (Cambro-British Saints, p. 158- 182) n'est pas antérieure au xue siècle, mais nous avons des témoignages plus anciens : 1° Vita Samsonis (vn« siècle) (A. Sanct. Bol., t. VI de juillet, p. 575 sq.), 2° Vita Pauli Aurel., par Wkhunoc (éd. Cli^saud, R.Cel., v, p. 419 420), 3° Vita Gildae par un moine de Ruis (éd. Mommsen, M. G., Auct. ant., XIII. Chr. min., III, p. 92-93). — La vie de S. Pol de Léon range S. David parmi les disciples d'Utut. En supposant qu'Iltut ait été ordonné prêtre par S. Germain en 447, que S. David soit mort en 601, comme l'indiquent les Annales Cambriae, cette donnée est ditficile à accepter. Elle l'est moins s'il est vrai que David mourut en 588, comme le croit le Chronicon Seoltorum.
't. Vita, 3, 8 [Cambro-British Saints, p. 28, 36).
cette époque était exclusivement monastique. C'est là une opinion excessive. Il existait aussi un clergé séculier 1 , contre les désordres duquel s'élève avec véhémence le Jérémie de la Bretagne, saint Gildas. Il faut se garder de voir dans son réquisitoire un tableau exact de l'Église bretonne de ce temps. Gildas exagère à la façon d'un sermonnaire austère et emporté. On a remarqué que dans cette partie du De excidio Britanniae, où il dépeint en traits si noirs les maux de l'Eglise bretonne, il ne dit rien des moines ; et l'on en a conclu que ce n'est, sans doute, qu'après la rédaction de cet ouvrage (vers 540), par conséquent dans la seconde moitié du vie siècle, que le monachisme breton atteignit son plein épanouissement 2. Nous répondrons que Gildas, moine lui-même, n'avait sans doute point de reproches à formuler contre l'institut monastique, et que c'est la raison pour laquelle il le passe sous silence. Il fait d'ailleurs allusion à la vie monastique, d'une façon incidente, dans un endroit de son livre, à propos du roi Maglocunus 3.
Dans ces cloîtres bretons on priait, on pratiquait une vie ascétique rigoureuse et l'on cultivait les lettres profanes et sacrées. Le travail manuel entrait aussi pour une bonne part dans les occupations du moine.
Au commencement du vne siècle, le monastère de Bangor Iscoed, sur la Dee, non loin de Chester, passait pour le plus célèbre du pays breton A. Il avait pour abbé Dinoot, qui prit part aux négociations entre les tenants des usages celtiques, dont il était, et saint
1. Le fragment de pénitentiel faussement attribué à Gildas contient le canon suivant : Si vero sine monachi voto prcsbiter aut diaconus peccaverit, sicul monachus sine gradu sic peniteal [C. E. D., 1, p. H'*).
2. H. Williams, note à son édit. de Gildas (Cymmrodorion Record, n° 3, p. 151).