‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 72 sur 301 · P. L„ LXIX · texte numérisé non relu

P. L„ LXIX

l. . Xobilissimum eorum monasterium • Bède, H. E., ri, 2. P. L., XCV, 83-84).

Augustin de Canterbury, le porte-voix de Rome et l'apôtre des Anglo-Saxons. Le Vénérable Bède rapporte que le personnel de Bangor comprenait sept divisions claustrales, chacune d'au moins trois cents moines, ayant à sa tète des prévôts. Tous vivaient du travail de leurs mains.

Ces moines s'intéressaient aux destinées de la patrie. Apprenant qu'Ethelfrid, roi de Northumbrie, s'était porté sur Chester avec une nombreuse armée, ils se mirent à jeûner trois jours durant, puis, l'heure du combat venue, s'allèrent mettre en prière non loin du champ de bataille pour obtenir le succès de leurs compatriotes. Ceux-ci étaient commandés par un certain Brocmail. Brocmail et ses soldats ayant pris lafuite au cours de l'engagement, Ethelfrid se vengea en lançant ses Saxons sur la troupe des moines en prière. Ils périrent au nombre de douze cents : cinquante seulement parvinrent à s'échapper (613) ' .

Bède représente ce massacre comme un châtiment du ciel infligé aux moines celtes pour n'avoir point voulu renoncer à leurs coutumes religieuses erronées ni collaborer avec Augustin à l'évangélisation des Saxons. L'annaliste irlandais Tigernach, au contraire, appelle ce triste épisode « le combat où les saints furent égorgés 2 ».

g 3. — Théories sur l'origine du monachisme irlandais.

Plus encore que la Bretagne, l'Irlande convertie au siècle précédent, connut, dès le vie siècle, un développement prodigieux des institutions monastiques. D'où lui vint un principe si fécond de vie religieuse?

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