Éd. J. Stuachan, Ériu, n, p
7. Cette règle comprenant 84 strophes se trouve dans le Ms. 5100-4 de la Bibl. royale de Bruxelles, fol. 13-14. Elle est inédite. Cf. la préf. du Martyrologe de Gorman, éd. Wh. Stokes, p. x.
8. J. strachan, R. Cel., xvn, 1896, p. 41. — C'est ce que nous avons lâché de moutrer dans l'article déjà-indiqué, R. B., xxv, 1908, p. 167-184 et 321-333.
«t. Éditée av. ou sans trad. chez Reeves, Primate Colton's Visitation, p. 109 et Adam., Vita Col., p. 337, dans C. E. D., II, p. 119; Skene, Celtic
celle des Culdées, attribuée à Maelruain de Tallaght. Elle est aussi en prose, mais bien plus développée que la précédente, et fort curieuse.
En fait de règles monastiques proprement dites émanées de plumes irlandaises, nous ne pouvons citer que celle de saint Colomban, écrite en latin1. Cette règle fut composée, il est vrai, pour des moines continentaux, mais elle contient maintes dispositions propres à nous éclairer sur la vie monastique insulaire. Elle se distingue par un caractère énergique et une austère saveur. La règle de Bangor, où se forma Colomban, ne nous est pas parvenue. Nous ne la connaissons que par les strophes dans lesquelles les moines de cette abbaye l'ont célébrée dans leur antiphonaire :
Benchuir bona régula Recta atque divina, Stricla, sancta, sedula Summa, justa ac mira 2...
S 9. — Les vœux de religion.
L'obéissance, la pauvreté et la chasteté, qui se trouvent à la base de toute conception monastique, constituaient aussi le fondement de la vie ascétique des moines celtes. La collection canonique irlandaise contient une disposition de source indigène relative à la sépulture du moine conçue en ces termes : « Le moine
Scotland,l. II, p. 508 ; Smith et Cheetham, Dict. of Christian Atitiquities, II, p. 1238.
1. P. L., LXXX, 210 sq. — Éd. 0. Seebass, dans la Zeitschrift fût Kirchengeschichte, xv,189S, p. 366-386 {Régula monachorum). — Édit. de la Régula Coenobialis par le même, Zeit. f. Kirch., xvn, 1896, p. 215-334.
2. The Antiphonary of Bangor, éd. F. E. Warren, t. II, London, 1893, p. 28.
ne jouit d'aucune liberté en dehors du commandement de son abbé durant sa vie, à plus forte raison une fois mort ' ». Voilà pour l'obéissance. La pauvreté n'est pas moins clairement édictée. La même collection renferme un chapitre intitulé : De eo quod non oportet monachurn habere proprium 2, où il est dit que, de même que le moine ne doit rien oser mettre en dépôt sans la permission de l'abbé, de même il n'aura le pouvoir de disposer de quoi que ce soit à sa mort, à moins que son supérieur ne le lui ordonne 3. Saint Colomban fait du dépouillement et du mépris des richesses la première perfection du moine. Le premier chapitre de sa règle est consacré à l'obéissance, le quatrième à la pauvreté 4. Parlant de saint Colman de Lindisfarne et des Scots, ses prédécesseurs, le Vénérable Bède dit qu'ils ne possédaient aucune richesse en dehors de leurs troupeaux. Recevaient-ils quelque argent des riches, ils avaient bientôt fait de le distribuer aux pauvres 3.
Quant à la chasteté, les textes ne manquent pas non plus qui prouvent, en dépit des assertions d'un Ebrard 6, qu'elle fut strictement exigée des moines et des religieuses celtiques. « Si une vierge qui s'est vouée à Dieu, après être demeurée chaste, épouse un
1. I. K., xli, 8, p. 160. — Cette collection s'est constituée au moyen d'emprunts de toute sorte, mais quand un canon est précédé, comme celui-ci, des mots : Sytiodus hibernensis, il y a des chances pour qu'il soit de source indigène.