Confessio, Tr. L., p
2. Il est même possible que, malgré les mesures prises par les saints du second ordre, la pratique du syneisactisme, comme on dit aujourd'hui, se soit maintenue assez tard dans l'Église d'Irlande. Un poème gaélique, An Crinoc, publié par le Prof. Kuno Meyer, Z. C. P., vi, 1908, p. 266, et une strophe du poème de Cuiramin sur les saints d'Irlande (éd. Wh. Stokes, Z. G. P., i, 1897, p. 65) portent à le croire.
contristés de voir réapparaître de notre temps une secte abominable, qui n'avait jamais été introduite dans les Gaules. Les Pères orientaux l'appellent « pépondienne » , du nom de Pepundius , auteur de ce schisme, qui osa s'associer des femmes dans le ministère de l'autel. Renoncez à ces abus 1... »
S 12. — La vie ascétique.
La plus élémentaire des mortifications pour le moine comme pour tout chrétien, c'est le travail. La division tripartite de la journée en prière, étude, travail des mains, se trouve très fréquemment indiquée dans les règles2. A Kil-Ros, en Ecosse, comme à Saint-Asaph, en Galles, les travaux de labour se faisaient sans le secours d'animaux : chacun était son propre bœuf et son propre cheval3. Paître les troupeaux, faire les récoltes, battre et moudre le grain au moulin à bras, telles étaient les occupations manuelles les plus ordinaires 4. Les monastères avaient aussi leurs artisans,
1. Ce texte a été édité par Msr Duciiesne dans la Revue de Bretagne et de Vendée (janvier 1885, p. 5-21) et reproduit par La Borderie, H. Br., H, p. 596-527. J. Friedrich et Adolf Juliciikr en ont donné une nouvelle édition critique, le premier dans les Sitzungsberichte der philos.philol.und hist. Classe der k. b.Akademie der Wissenschftenzu Mûnchen, 1895, p. 209-2H, le second dans la Zeitschrift fur Kirchengeschichte, xvi, 1896, p. 665-666, sans soupçonner, ni l'un ni l'autre, l'existence de celle de MKr Duchesne. — Cf. J. Loth, Un ancien usage de l'Église celtique (ft. Cel., xv, 1894, p. 92-93).
2. Règle de Columbcille, § lô. — Règle de Colomban, ni (P. L., LXXX, 211). — Règle de Mochuta de Rathin (chez Reevf.s Culdees, p. 83). — Vita Lugidi (A. Sanct. Bol., 1. 1 d'août, p. 352). — Vita Uinualoei, i, 20 (éd. La Borderie, Cartulaire de Landévennec, p. 49-50).
3. Ordo monasticus de Kil-Ros (P. L., LIX, 56?i). — Vita Kentegerni, 20 (éd. Pinkerton, p. 237).
4. Eleanor Hull, The early Celtic Churches... {Transact. of the Victoria Institute, 1906, p. 16-17 du tirage à part).
orfèvres, copistes, miniaturistes. La mort surprend Columba en train de transcrire un psautier1. L'on verra plus loin de quels prodiges de patience et d'adresse ont fait preuve les calligraphes et les peintres sur vélin d'Irlande.
Nous dirons aussi ailleurs ce que fut la prière liturgique des moines celtes. Les psaumes en formaient la matière principale. Dans leurs oraisons privées, c'est encore au psautier qu'ils recouraient le plus volontiers. Ils l'appelaient couramment « les trois cinquantaines » [tri côecat). La récitation quotidienne des- « trois cinquantaines » est imposée par plusieurs règles monastiques ou autres règlements dévie2. Le psaume Beati immaculali, YHymnum dicat, hymne attribuée à saint Hilaire de Poitiers, certaines formules de confession des péchés et ces prières si originales qui se trouvent placées sous le nom de saints réputés leurs auteurs, lorica de Patrice, lorica de Gildas, etc., telles étaient les prières orales qui se récitaient par ailleurs le plus communément.
La prière était souvent accompagnée de gestes d'adoration, de démonstrations de pénitence, prostrations, génuflexions, attitude des bras en croix. La prostration était, comme on sait, fort employée chez les moines d'Orient. Ils répétaient à satiété leurs métanies, comme font encore les religieux de l'Athos 3. De même les anciens ascètes irlandais. Il est souvent difficile de découvrir dans les textes gaéliques si le verbe slechtaim (du latin flecto) désigne l'acte de se prosterner